Les Britanniques rappelés à l'ordre face à l'accélération de la pandémie de Covid-19

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Dans les rues d'un marché à Londres, le 22 mars 2020

Londres (AFP) - La propagation du Covid-19 "s'accélère" au Royaume-Uni menacé de subir la même crise qu'en Italie si la population, nombreuse à fréquenter parcs et bords de mer ce weekend, ne respecte pas les consignes de distanciation sociale, ont prévenu dimanche les autorités.

"Les chiffres sont très frappants et ils s'accélèrent. Nous ne sommes qu'à quelques semaines - deux ou trois - de l'Italie. Les Italiens ont un superbe système de santé. Et pourtant, leurs médecins et leurs infirmières ont été complètement dépassés par la demande", a averti le Premier ministre Boris Johnson dans un message au pays.

Tandis que nombre de Britanniques continuent de sortir pour profiter du beau temps, Boris Johnson a appelé ses compatriotes à un "effort national collectif", pour ralentir la diffusion du virus, qui a fait 233 morts au Royaume-Uni, faute de quoi le service public de santé "sera submergé de la même manière" qu'en Italie.

"Les parcs et les plages ne devraient pas être remplis de monde", a déclaré lors d'une conférence de presse la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, se désolant aussi que "les gens se ruent vers les zones reculées de l'Ecosse", risquant de propager le virus.

S'adressant au "petit nombre" de pubs qui restent ouverts malgré les recommandations, la dirigeante a prévenu: "nous nous doterons les prochains jours de pouvoirs d'urgence pour vous forcer à fermer".

- Foules dans les parcs -

Le National Trust, chargé de la protection du patrimoine historique et naturel britannique, a fermé ses parcs et jardins. A Londres, les célèbres Kew Gardens sont restés portes closes mais les parcs royaux demeurent ouverts et ont déploré sur twitter des "scènes de foules" observées samedi. Le maire Sadiq Khan a supplié les Londoniens d'éviter les contacts sinon "davantage de personnes mourront", a-t-il déclaré dimanche à la BBC.

"Le public n'en a peut-être pas conscience mais la situation est déjà mauvaise à Londres", a expliqué le Dr Andrea Collins, professeure en médecine respiratoire à la Liverpool School of Tropical Medicine, dans un communiqué. "Les unités de soins intensifs de la capitale sont remplies de cas suspects ou confirmés de Covid-19 et bon nombre de ceux qui sont soignés ont moins de 50 ans".

Le gouvernement a pressé dimanche 1,5 million de personnes fragiles vivant en Angleterre de ne plus sortir de chez elles pendant au moins trois mois. Parmi elles, les malades du cancer du sang ou de la moelle osseuse, les personnes transplantées ou atteintes de mucoviscidose ou de bronchite chronique sévère.

Boris Johnson a aussi suggéré aux Britanniques qui célèbrent la Fête des mères dimanche d'appeler leurs mères plutôt que de leur rendre visite.

Face à la propagation du virus, le gouvernement a ordonné juste avant le week-end la fermeture des écoles, pubs, restaurants, théâtres, cinémas et salles de sport.

Selon le journal français Libération, M. Johnson a pris ces mesures après que le président français Emmanuel Macron l'eut menacé de fermer les frontières entre la France et le Royaume-Uni s'il n'agissait pas pour enrayer la progression de la pandémie, ce qu'a démenti Downing Street.

"Comme l'a indiqué vendredi le Premier ministre, ces nouvelles mesures ont été prises sur la base d'avis scientifiques et dans la foulée du plan d'action du gouvernement établi il y a deux semaines", a déclaré un porte-parole de Downing Street.

Bien que le gouvernement ne "[veuille] pas emprunter la voie" du confinement, si les Britanniques ne respectent pas les consignes, il "étudiera d'autres options", a prévenu dimanche sur la chaîne de télévision Sky News le ministre du Logement, Robert Jenrick.