Les promesses de la filière hydrogène

·2 min de lecture

La France investit des milliards d'euros pour développer la filière hydrogène qui permettra de disposer d'une source d'énergie non polluante pour les transports et l'industrie. Mais les freins demeurent nombreux : contraintes de stockage et de distribution, sécurité, défis de production d'un hydrogène "vert"...

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n°889 daté mars 2021.

Sept milliards d'euros sur dix ans : c'est le chèque que le gouvernement français a signé en septembre 2020 pour son Plan hydrogène. L'Allemagne, le Portugal, l'Espagne, l'Italie, l'Autriche et les Pays-Bas mettent également des milliards sur la table pour développer la filière.

Une persistance dans l'atmosphère se compte en jours, contre environ un siècle pour le CO2

Des investissements qui seront complétés par ceux de la Commission européenne, qui pourraient atteindre 470 milliards d'euros au cours des trente prochaines années. Cette "ruée vers l'hydrogène" doit permettre d'atteindre l'objectif européen de neutralité carbone à l'horizon 2050, c'est-à-dire un équilibre entre les émissions de carbone anthropiques et leur absorption naturelle. Or l'utilisation de l'hydrogène pour produire de l'énergie ne libère pas de dioxyde de carbone (CO2), seulement de la vapeur d'eau. Un puissant gaz à effet de serre certes, mais dont la persistance dans l'atmosphère se compte en jours, contre environ un siècle pour le CO2. "J'entends parler de cette solution depuis plus de trente ans, mais elle est enfin en train de devenir une réalité dans notre vie quotidienne", s'enthousiasme François Tapin, directeur général adjoint d'Energy Observer, un navire à hydrogène qui sillonne les mers depuis 2017 pour tester de nouvelles technologies énergétiques propres. De fait, alors que l'hydrogène compte aujourd'hui pour moins de 2 % de la consommation énergétique européenne, il atteindra 13 à 14 % en 2050.

Mais pour que la promesse environnementale soit tenue, encore faut-il que la production d'hydrogène soit "propre". Car le dihydrogène (H2, communément et abusivement appelé hydrogène) n'est pas une énergie en soi mais un vecteur énergétique, à l'instar de l'électricité. Le produire nécessite donc une source. Or aujourd'hui, 96 % des 74 millions de tonnes d'hydrogène obtenues annuellement sont issues de[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi