Projet de loi sur la peine de mort en Israël : des “scènes nauséabondes” à la Knesset

Lundi 20 novembre, la commission parlementaire de la Sécurité nationale a été le théâtre de “scènes nauséabondes”, écrit Ha’Aretz. Des représentants des familles d’Israéliens retenus en otage dans la bande de Gaza y ont fait face aux représentants des partis d’extrême droite suprémaciste.

Pour contrecarrer les griefs exposés par les représentants des otages, expliquent les journalistes Noa Shpigel et Yael Freidson, les députés des partis d’extrême droite Otzma Yehudit (“Pouvoir juif”) et Hatzionut Hadatit (“Sionisme religieux”), respectivement dirigés par Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, et Bezalel Smotrich, vice-ministre de la Défense chargé de la Cisjordanie, n’ont “rien trouvé de mieux que de promouvoir à nouveau une proposition de loi instituant la peine de mort pour les terroristes palestiniens présumés”.

“Vous n’avez pas le monopole de la douleur”

Cette proposition de loi, déjà déposée en mars dernier par la députée d’extrême droite Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit), avait pourtant été immédiatement recalée par la procureure générale Gali Baharav-Miara.

Devant les membres de la commission parlementaire, les représentants des familles ont “exprimé leur crainte que l’adoption d’une telle loi ne mette en danger la vie des otages israéliens”. Gil Dickmann, chef de la délégation représentant les otages, s’est écrié : “Plutôt que de promettre l’exécution d’Arabes, si vous parliez de sauver des Juifs ?” Ce à quoi le député d’extrême droite Almog Cohen a répondu en hurlant : “Vous n’avez pas le monopole de la douleur. Un de mes amis a été kidnappé et se trouve aussi quelque part dans la bande de Gaza !”

Udi Goren, un autre représentant des familles d’otages, a alors rétorqué : “Si votre père se trouvait actuellement dans un tunnel du Hamas, croyez-vous vraiment que discuter de la peine de mort pour les terroristes contribuerait à son retour ?”

“Un misérable numéro de cirque”

Mais, pour Ha’Aretz, le vrai malaise est venu du ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir, lequel “sans foi ni loi, n’a rien trouvé de mieux que de serrer dans ses bras Gil Dickmann, le chef de la délégation des otages”, avant de poster sur X (ex-Twitter) une photo le montrant en train d’embrasser Gil Dickmann. Le tout accompagné du commentaire : “Même si les familles des otages bénéficient de toute mon affection et de tout mon amour, une loi instituant la peine de mort est nécessaire pour dissuader les terroristes.”

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