Lutte contre le "séparatisme" : l’Assemblée approuve le projet de loi en première lecture

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Les députés français ont largement adopté, mardi, le projet de loi "confortant le respect des principes de la République", qui doit renforcer l'arsenal juridique contre l'islamisme radical, par 347 voix pour et 151 voix contre, avant son examen au Sénat à partir du 30 mars.

Après deux semaines de denses débats, les députés de l’Assemblée nationale ont adopté, mardi 16 février, le projet de loi "confortant le respect des principes de la République" dont le but est de lutter contre le "séparatisme" islamiste. Le texte a été largement approuvé par 347 voix pour, 151 voix contre et 65 abstentions, avant son examen au Sénat à partir du 30 mars.

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Malgré les promesses initiales de divisions, la majorité s'est massivement rangée derrière ce texte. Il n'y a pas eu "de désordre", s'est félicité le chef de file des députés LREM, Christophe Castaner. Cependant, 10 "marcheurs" se sont abstenus et un a voté contre, Mustapha Laabid.

PS et communistes ont choisi de bouder ce projet de loi en s'abstenant, tout comme le RN. LFI et LR ont voté contre.

À l'ombre d'une actualité écrasée par les soubresauts de la crise sanitaire, les "marcheurs" ont su éviter le piège de la division sur une matière pourtant hautement inflammable.

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Souvent mobilisés dans l'Hémicycle autour d'un projet promis à bien des vicissitudes, ils ont défendu un texte d'"équilibre" même si ce positionnement a été écorné par une récente sortie médiatique de Gérald Darmanin.

Le ministre de l'Intérieur a laissé entendre que Marine Le Pen était plus "molle" que la majorité dans la lutte contre l'islamisme.

Voulu par Emmanuel Macron, le projet de loi confortant le respect des principes de la République met en musique une partie de son discours des Mureaux (Yvelines), du 2 octobre 2020, qui détaillait son programme contre le séparatisme islamiste.

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Présenté comme le remède contre "l'OPA islamiste", le projet de loi contient une batterie de mesures sur la neutralité du service public, la lutte contre la haine en ligne, l'encadrement de l'instruction en famille - disposition finalement la plus discutée -, le contrôle renforcé des associations, une meilleure transparence des cultes et de leur financement, et encore la lutte contre les certificats de virginité, la polygamie ou les mariages forcés.

Riche de quelque 70 articles, le texte a donné lieu à 80 heures de débats en séance et l'adoption de 144 amendements. Ses détracteurs l'accusent d'être "bavard" et "fourre-tout".

Le 30 mars au Sénat

En annonçant de futures mesures en faveur de l'égalité des chances, l'exécutif paraît avoir réussi à désamorcer les reproches de l'aile gauche de LREM, regrettant l'absence de volet social à ce texte promu avant tout comme d'"ordre public".

La gauche a, elle, regretté un texte "unijambiste" qui ne marche que sur le côté répressif. Pour la patronne des députés socialistes, Valérie Rabault, la loi n'apporte "pas de réponse à la ghettoïsation".

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Le texte est jugé hostile aux musulmans par une partie de la gauche, notamment par La France insoumise, tandis que le Rassemblement national, présidé par Marine Le Pen, le trouve trop timoré.

Au Sénat, où le projet de loi doit être examiné en séance à partir du 30 mars, Bruno Retailleau, chef de file de la droite majoritaire, entend supprimer l'article controversé sur l'école à domicile, introduire la notion de "séparatisme islamiste" et l'interdiction du voile dans les lieux publics.

Près de 200 personnes ont manifesté, dimanche, à Paris, contre le projet de loi accusé de "renforcer les discriminations envers les musulmans".

Avec AFP