"Des progrès réels": l'Ukraine est-elle en train de prendre l'avantage face à l'armée russe?

Des combattants de l'armée ukrainienne assis sur le toit d'un véhicule armé à Kharkiv, le 9 septembre 2022, alors que la Russie envahit l'Ukraine.
 - Juan BARRETO / AFP
Des combattants de l'armée ukrainienne assis sur le toit d'un véhicule armé à Kharkiv, le 9 septembre 2022, alors que la Russie envahit l'Ukraine. - Juan BARRETO / AFP

Lancée il y a plus d'une dizaine de jours, la contre-offensive ukrainienne pour récupérer les territoires perdus face à l'armée russe porte ses fruits. Selon l'institut des études de la guerre, ce sont 2500km² qui ont été repris.

Ce samedi, les forces ukrainiennes ont fait deux annonces: les soldats ont repris la ville de Koupiansk, dans l'est du pays, et, parallèlement, Kiev a annoncé une avancée militaire sur "plusieurs dizaines de km" dans le sud, signes de cette progression.

Une contre-offensive efficace dans le nord-est

Depuis des semaines, les responsables ukrainiens avaient annoncé une contre-attaque prévue dans la région de Kherson, dans le sud du pays. Toutefois cette semaine, la contre-offensive s'est concentrée dans la région de Kharkiv, dans le nord-est, prenant tout le monde, y compris les Russes, par surprise.

Ce vendredi, le président Volodymyr Zelensky a annoncé que trente localités avaient été reprises aux forces russes dans cette région. "Nous ramenons le drapeau ukrainien et la protection de tout notre peuple partout", a-t-il affirmé dans une allocution vidéo.

C'est dans cette région que les soldats ukrainiens ont planté leur drapeau dans la ville de Koupiansk ce samedi. Il s'agit d'une importante victoire puisque cette ville de 27.000 habitants se trouve sur des routes d'approvisionnement de l'armée russe. Elle pourrait affecter d'une manière significative la capacité de la Russie à ravitailler et à apporter un soutien logistique à ses positions sur le front de l'est.

Cette reprise "pourrait permettre ensuite d'encercler la ville d'Izioum, où se trouveraient en ce moment même plusieurs milliers de soldats russes", explique Matias Arraez, envoyé spécial BFMTV à Kiev. Izioum sert notamment comme plate-forme de lancement pour des attaques vers le sud, dans la région de Donetsk.

Les forces russes se retirent vers le Donbass

Un responsable installé par les Russes dans un territoire occupé de la région de Kharkiv a admis que les troupes de Moscou étaient sur la défensive. "Le fait même de la percée de nos défenses est déjà une victoire substantielle pour les forces armées ukrainiennes", a déclaré Vitaly Ganchev à la télévision d'État, ajoutant que l'avancée de l'Ukraine avait été "très nette et rapide", rapporte The Guardian.

Face à la situation, la Russie a annoncé ce vendredi avoir envoyé des renforts dans la région de Kharkiv. Ce samedi, elle annonce avoir "retiré" ses forces présentes dans les zones de Balakliïa et d'Izioum afin de les "regrouper" près de Donetsk, plus au sud, "dans le but d'atteindre les objectifs affichés de l'opération militaire spéciale de libération du Donbass" a dit le ministère russe de la Défense.

Balakliïa est une ville de 30.000 habitants, la plus grande conquise par les forces de Kiev depuis le début de la contre-offensive.

En même temps, le dirigeant des séparatistes prorusses de la République populaire de Donetsk (DNR) a reconnu que la situation était "difficile" dans la région de Donetsk, dans le bassin minier du Donbass, théâtre de combats acharnés entre forces russes et ukrainiennes.

Sécuriser des territoires et isoler les troupes russes

"Les Russes ont perdu l'initiative, il faut reconnaître qu'ils s'orientent vers un fiasco (...), c'est un tournant assez étonnant", commente le général Jérôme Pellistrandi, consultant défense pour BFMTV.

De hauts responsables américains confirment cette avancée ukrainienne. "Nous voyons l'Ukraine faire des progrès réels et démontrables", a déclaré le secrétaire d'État, Antony Blinken, au siège de l'OTAN à Bruxelles vendredi, dans des propos rapportés par The Guardian.

Le général Jérôme Pellistrandi précise néanmoins qu'il faut rester prudent. "Ce n'est pas pour autant qu'ils vont être en capacité de récupérer tous les territoires perdus depuis le 24 février", poursuit-il, "Leur objectif est de sécuriser du territoire avant l'arrivée de l'hiver car ça sera plus difficile de manœuvrer à cette période".

Selon CNN, les forces ukrainiennes cherchent à attaquer les voies d'approvisionnement russes, dans le but de couper et d'isoler les troupes russes à l'ouest de la rivière Dnipro.

Article original publié sur BFMTV.com