Des progrès sur le financement, échec sur la baisse des émissions… Le bilan contrasté de la COP27

© Mohamed Abd El Ghany/Reuters

Dans cet article, le professeur d’économie et fondateur de la chaire « Économie du climat » à l’Université Paris Dauphine – PSL, Christian de Perthuis, dresse un bilan de la COP27 : Au terme d’âpres négociations, les pays réunis à la conférence climat de Charm el-Cheikh (6-18 novembre 2022) sont parvenus à un accord sur la question des financements climatiques , via la création d’un fonds « pour pertes et dommages ». Dans sa décision finale , la COP27 ouvre ainsi la perspective d’un élargissement des transferts financiers des pays riches vers les pays moins avancés.

En l’absence de tels transferts, il n’y a pas de chemin praticable vers le 1,5 °C, la cible ultime introduite par l’Accord de Paris.

Le rôle crucial des pays émergents

Avec cette question des financements au centre des négociations, la COP27 de Charm el-Cheikh promettait un bras de fer entre le Nord et le Sud. Elle n’a pas déjoué les pronostics et l’Afrique, fortement représentée (avec 2,3 fois plus de délégués qu’en 2021), y a donné de la voix.

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Cette polarisation des débats entre pays riches et ceux moins avancés ne doit pas toutefois faire oublier le rôle crucial des pays émergents (la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, etc.) pour affronter le réchauffement global. Ce groupe de pays contrôle en effet plus de 60 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

C’est de lui que dépend au premier chef la décrue de ces émissions.

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