Quand les profs s'autocensurent sur la laïcité : "Être enseignant, c'est être seul"

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Dans le premier comme le second degré, selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès publiée le 6 janvier, les enseignants cèdent de plus en plus à l'autocensure avant d'aborder les questions de la religion et de la laïcité. Des professeurs témoignent de leurs difficultés face aux sujets sensibles.

La "peur" est quotidienne. Ou plutôt, "la crainte", corrige d'emblée Manon*, professeur d'histoire et géographie dans un lycée d'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Caractérisée par cette boule au ventre récurrente et, une poignée de renoncements. Aujourd'hui, à 34 ans, elle est dans sa septième année de métier. "Quand je suis arrivé pour la première fois dans une salle de classe, j'étais comme déchaînée : pleine d'idées, certaine que j'oserai mettre les pieds dans le plat", rapporte-t-elle, avouant à demi-mot que cet enthousiasme a depuis été complètement gommé. Aujourd'hui, c'est un autre mot qui définit son quotidien : "Prudence".Prudence pour parler de religion, pour aborder le sujet "brûlant" et "clivant" de la laïcité, pour se frotter à certaines questions d'actualité, pour définir la fameuse liberté d'expression… "C'est épuisant, lâche-t-elle. On marche sans arrêt sur des œufs. Avec les élèves, quand une discussion est lancée, ou bien quand ce n'est pas le cas en anticipant leurs réactions comme celles de leurs parents qui sont souvent encore plus intransigeants." Manon comme Emmanuelle, 41 ans, professeur de la même matière dans le département voisin du...

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