"Profonde lassitude", la chronique d'Anne Roumanoff

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Il y a un an, quand on nous a confinés pour la première fois, on a râlé, bien sûr, mais on s'est adaptés. On a été drôlement disciplinés finalement, nous les Français soi-disant rebelles à toute autorité. Ça n'était pas si désagréable, d'ailleurs, ce premier confinement. Un an après, on y repense presque avec nostalgie. Les gens ont acheté de la levure pour faire des gâteaux, les artistes ont fait des live Instagram, on a découvert les Zoom, les oiseaux se sont remis à chanter dans Paris, on recevait plein de vidéos drôles par WhatsApp.

Ça nous questionnait sur nos priorités de vie, ce repos forcé. Peut-être même que c'était un message que l'Univers nous envoyait, on en était persuadés, il y aurait un monde d'après plus bienveillant, altruiste et soucieux de la planète. Aujourd'hui, on ressent une profonde lassitude. Nos ados ont le regard morne et on ne sait plus quoi dire pour les réconforter. On en a fait, des efforts, depuis un an. Renoncer au cinéma, aux spectacles, aux restaurants, aux musées.

 

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Se faire livrer des poke bowls saumon-quinoa-avocat dans des barquettes en plastique, avec des couverts en bois pour protéger la planète, par des coursiers à vélo très mal payés

 

 

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Regarder presque toutes les séries sur Netflix et y prendre de moins en moins de plaisir. Se faire livrer des poke bowls saumon-quinoa-avocat dans des barquettes en plastique, avec des couverts en bois pour protéger la planète, par des coursiers à vélo très mal payés. Acheter des tas de masques. Des ...


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