Professeurs formés en quatre jours ? Les explications du ministre de l’Éducation

« On ne devient pas prof en quatre jours », reconnaît Pap Ndiaye qui tente — comme il peut — de rassurer les parents à deux jours de la rentrée.

ÉDUCATION - Oui, il y a des difficultés de recrutement et les syndicats tirent régulièrement le signal d’alarme. « La promesse d’un professeur devant chaque élève semble plus ressembler à un slogan politique », dit par exemple Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. Un slogan que Pap Ndiaye reprend à son compte.

Car s’il ne nie pas les problèmes pour recruter, le nouveau ministre de l’Éducation nationale veut rassurer les parents à deux jours de la rentrée. « Il y aura un professeur devant chaque classe ce qui n’exclut pas des difficultés au cours de l’année », a-t-il prévenu ce mardi 30 août sur RTL.

Pour faire face, le ministère fait appel à des contractuels : 1 % du corps enseignant dans le primaire et jusqu’à 8 % dans le secondaire, assure Pap Ndiaye. Si cette pratique n’est pas nouvelle - « 80 % étaient déjà devant une classe l’an passé », tient-il à rappeler — la situation de 2022 a conduit au recrutement à la hâte de 3000 contractuels (titulaires seulement parfois d’un Bac+3) qui n’ont bénéficié d’aucune formation ou presque.

Quatre jours seulement pour certains qui n’ont jamais enseigné, cela fait très peu. « L’enseignement c’est un métier d’expérience. On recrute des personnes motivées dont l’expérience n’est pas suffisante parfois. On ne devient pas prof en quatre jours », a convenu Pap Ndiaye qui veut cependant éteindre la polémique en assurant que l’accompagnement ne s’arrêtera pas là. « Il n’y a pas que quatre journées de formation, nous les suivons tout au long de l’année. On leur propose du tutorat et on s’assure qu’ils tiennent leur classe », veut-il croire.

Cela ne suffira pas à rassurer les syndicats. Quant aux parents et aux élèves, ils seront nombreux à découvrir la situation seulement jeudi soir au cours (ou après) la première journée de classe.

VIDÉO - Olivier Beunache, ancien professeur : "J’ai enseigné pendant 17 ans. Et pendant 10 ans, j’ai vraiment aimé ce métier"

Lire aussi

Des fournitures scolaires à pas cher ? Le marché de l’occasion pour réduire la facture

Pour la rentrée 2023, des fournitures gratuites pour les élèves dans les « quartiers populaires » ?