Professeur décapité: l'inquiétant profil de l'islamiste Abdelhakim Sefraoui, en garde à vue

Par Cécile Ollivier et Esther Paolini
·2 min de lecture

Militant islamiste et antisioniste, Abdelhakim Sefraoui a accompagné dans le bureau de la principale le père d'une élève qui a demandé le renvoi du professeur, lui-même placé en garde à vue.

Au lendemain du violent assassinat de Samuel Paty, un professeur à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines, la police étudie activement l'entourage de l'assaillant Abdoulakah Anzorov. En plus d'éventuels complices, l'enquête doit permettre de comprendre ce qui a motivé ce Tchétchène de 18 ans à passer à l'acte. Parmi les neufs personnes placées en garde à vue, le profil de l'un d'eux, Abdelhakim Sefraoui interpelle vivement les autorités, même si pour l'heure aucun lien n'a été formellement fait entre ces deux protagonistes.

Militant islamiste

Interpellé samedi à Evry avec sa compagne, Abdelhakim Sefrioui avait accompagné début octobre au collège du Bois d'Aulne de Conflans-Saint-Honorine, le père d'une élève pour demander le renvoi de la victime, qui avait montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves. C'est ce même père de famille qui a enregistré une vidéo pour se plaindre de l'enseignant sur l'internet, et qui a été aussi placé en garde à vue.

D'après nos informations, Abdelhakim Sefrioui est connu depuis plusieurs années par les services de renseignements comme étant un militant islamiste. Il s'est notamment fait remarquer en créant en 2004 le collectif Cheikh Yassine, du nom du chef du Hamas tué par l'armée israélienne en 2004. L'intéressé organise régulièrement des manifestations en faveur de la Palestine et contre le sionisme. Selon plusieurs médias, il s'est présenté à la principale du collège comme étant le président du "conseil des imams de France". Or, cette association n'a aucune existence légale.

Des actions contre le recteur de Paris

En 2009, il fait parler de lui en préparant un rassemblement devant la mosquée de Paris contre le recteur Dalil Boubakeur, rapporte un article du Monde de l'époque. Abdelhakim Sefraoui entendait ainsi dénoncer la volonté de dialogue du responsable religieux avec l'État hébraïque.

Un an plus tard, un nouveau débordement intervient, cette fois lors d'un meeting contre le voile intégral à Montreuil, en présence de Manuel Valls. D'après Le Point, le préfet de Seine-Saint-Denis avait alors tenté de lui déchoir sa nationalité, que le Marocain avait obtenue par mariage, sans succès.

Article original publié sur BFMTV.com

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