Professeur décapité: Castex veut créer un nouveau "délit de mise en danger" sur internet

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Le Premier ministre Jean Castex devant l'Assemblée nationale à Paris, le 20 octobre 2020
Le Premier ministre Jean Castex devant l'Assemblée nationale à Paris, le 20 octobre 2020

Jean Castex a affirmé mardi vouloir "reprendre le sujet" de la haine en ligne en créant un "délit de mise en danger par la publication de données personnelles" sur internet, après la décapitation d'un professeur en région parisienne.

"Nous ne pouvons plus nous résoudre à assister passivement au déchaînement de la haine sur les réseaux sociaux", a affirmé le Premier ministre lors de la séance de questions au gouvernement.

La majorité avait tenté de s'attaquer à cette question à travers une proposition de loi de la députée LREM Laetitia Avia, en grande partie retoquée par le Conseil constitutionnel. 

"La censure du Conseil constitutionnel doit nous amener à reprendre ce sujet sous une autre forme, qui devra créer un délit de mise en danger par la publication de données personnelles", a poursuivi M. Castex, estimant que "c'est bien parce qu'il a été désigné par les réseaux sociaux que Samuel Paty a été assassiné".

Les enseignants du collège du Bois d'Aulne de Conflans-Sainte-Honorine ont d'ailleurs exprimé mardi dans un communiqué leur "vive inquiétude face à l'impact des réseaux sociaux" après l'assassinat de leur collègue.

Interpellé par plusieurs présidents de groupes parlementaires - Patrick Mignola (MoDem), Valérie Rabault (PS), Damien Abad (LR), Christophe Castaner (LREM), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et André Chassaigne (PCF) - après la décapitation de l'enseignant, M. Castex a dénoncé "toute ambiguïté" envers l'islamisme radical, qui reviendrait à "un début de renoncement". 

L'"ennemi c'est l'islamisme radical, c'est une menace permanente, une menace qui peut venir de l'extérieur, mais qui peut aussi, je le dis sans détour, recruter ces tueurs parmi nos propres compatriotes", a-t-il souligné.

"Nous payons aussi le prix d'un relâchement, mais aujourd'hui, l'heure est à l'action", a insisté M. Castex en érigeant en "priorité" la "protection des personnels de l'Éducation nationale".

Le Premier ministre a aussi assuré vouloir "donner des moyens supplémentaires au ministère de l'Intérieur", sans plus de précisions. "Nos services de renseignement qui sont en première ligne sur ce sujet ont été confortés, réorganisés, comme jamais ils ne le furent, et nous allons passer la vitesse supérieure", a ajouté le chef du gouvernement qui a dit vouloir "affecter sans délai des renforts aux services chargés de surveiller sur les réseaux sociaux l'islamisme radical".

Il a par ailleurs raillé la proposition des Républicains de modifier la Constitution, comme cela a été voté lundi au Sénat, afin notamment d'y inscrire la prééminence des règles de la République. 

"Voilà une disposition qui va être rapide, efficace et qui apportera des solutions opérationnelles au sujet", a ironisé M. Castex avant de lancer à Damien Abad: "Vous êtes dans l'incantation, nous sommes dans l'action".

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