Le prof en liberté #25 – Comment parler des vins que l'on n'a pas bus

Par Fabrizio Bucella, Le Point Vin
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Louis de Funès, « L'Aile ou la Cuisse » (1976).
Louis de Funès, « L'Aile ou la Cuisse » (1976).

Que l'on puisse parler d'un livre sans l'avoir lu n'est pas de prime abord évident, c'est pourtant le titre d'un essai de Pierre Bayard paru aux éditions de Minuit (2007). Maior continet minus, on devrait également pouvoir parler de vins que l'on n'a pas goûtés. Oscar Wilde assumait franchement son statut de non-lecteur et critique littéraire. Il avait pour cela une métaphore esthétique : pour apprécier la qualité et le cru d'un vin, point n'est nécessaire de boire tout le tonneau. Certes mister Wilde, mais dans la sphère ?nologique, on parle d'un vin sans vider le flacon. La question devient donc : est-il possible de parler de vins dont on n'aurait pas bu une seule goutte ? Pour iconoclaste qu'elle soit, l'affaire mérite quelques développements.

Suivez le guide

1. Le millésime : il s'agit de la pierre d'achoppement principale. Un vin, voire une cuvée précise, est toujours remise sur l'ouvrage telle celle de Pénélope lors de chaque vendange. Pourtant, à part quelques critiques professionnels et consciencieux, qui n'a pas déjà conseillé un vin, sans faire référence au millésime ? On croirait pinailler, à mon sens la discussion ne pinaille pas tant que ça. Plus souvent qu'à mon tour j'ai reçu un coup de Jarnac et une caisse de douze contre monnaie sonnante et trébuchante, les bouteilles dans la caisse se révélant atroces. Patatras (bardaf, en belge), qu'est-ce qui avait changé ? Le millésime.

2. La description d'un autre : j'ai plusieurs amis spécialistes en v [...] Lire la suite