Les producteurs de thé kényans doivent atteindre le haut de gamme ou disparaître

Jacques Deveaux

Le Kenya serait, selon les sources, le premier fournisseur mondial de thé noir, quand d’autres le mettent au troisième rang derrière la Chine et l’Inde. Quoi qu’il en soit, le pays doit diversifier sa production afin de répondre à une évolution de la demande.

Car le Kenya fournit essentiellement un thé très basique, conditionné en sachet. Il est fabriqué selon une méthode dite CTC, pour les termes anglais crush, tear, curl (écraser, déchirer, courber). Une méthode qui permet de mélanger des qualités variables de thé et de faire peu de déchets.


Le CTC a fait la fortune de certains producteurs kenyans mais, aujourd’hui, il ne correspond plus à la demande du marché. Conséquence, les prix de ce thé se sont effondrés. Une chute de 20% pour la récolte 2018/2019.

La surproduction de thé noir est également un élément du problème. Le Kenya en a produit 493 000 tonnes en 2018, un record national dans un contexte de baisse de la demande.

Enfin, il y a trop peu d’acheteurs. Quatre marchés absorbent 70% de la production.

Une catastrophe pour le pays

Le thé est devenu un pilier de l’économie kenyane. Un habitant sur dix dépend de son industrie. Pourtant, il a fallu attendre l’indépendance en 1960 pour voir apparaître cette production, jusqu’alors interdite par la loi du colonisateur.

Aujourd’hui, l’Agence kenyane de (...)

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