Producteur tabassé: pour Pannier-Runacher, "une violence policière est un problème pour la République"

Jérémy Maccaud avec AFP
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Agnès Pannier-Runacher, invitée de BFMTV le vendredi 27 novembre 2020 - BFMTV
Agnès Pannier-Runacher, invitée de BFMTV le vendredi 27 novembre 2020 - BFMTV

Les images d'un producteur, Michel, se faisant passer à tabac par des policiers à Paris, sont venues attiser la controverse autour de la controversée loi de "Sécurité globale" et de son article 24, sur la diffusion de l'image des forces de l'ordre. Elles ont par ailleurs suscité des condamnations unanimes de la part de la gauche et de la majorité, jusqu'au gouvernement. "Une violence policière est un problème pour la République, et c'est pour ça qu'à chaque fois qu'il y a des violences policières, il faut faire des enquêtes, et il faut sanctionner", commente ce vendredi matin Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, invitée de RMC et BFMTV.

"Inversement, chaque violence à l'encontre des forces de l'ordre est un problème pour la République. Et là aussi, il faut être intransigeant, par rapport à ces violences", ajoute-t-elle.

Au journal de 20 heures sur France 2 jeudi soir, Gérald Darmanin a jugé les images des violences contre le producteur d'"extrêmement choquantes". "Dès que j'ai pris connaissance de ce qui s'était passé, j'ai demandé la suspension de ces policiers. Dès que les faits seront établis par la justice, je demanderai la révocation de ces policiers", a poursuivi le ministre. Avant d'ajouter: "Lorsqu'il y a des gens qui déconnent, ils doivent quitter l'uniforme. Ils doivent être sanctionnés. Ils doivent quitter ce travail. Ils doivent être punis par la justice", a martelé le ministre de l'Intérieur.

"On le voit à l'image, ils ont franchi la ligne rouge"

Le terme "déconner", face à la gravité des faits évoqués, est-il bien adapté? Agnès Pannier-Runacher botte en touche face à cette question, mais ajoute: "Ces images sont insoutenables, vous ne pouvez pas regarder quelqu'un se faire frapper pendant 20 minutes." Elle insiste: "C'est insoutenable, et c'est inadmissible, et c'est inacceptable."

Notre invitée condamne à son tour des images sans équivoque: "Ils ont franchi la ligne rouge, on le voit à l'image, ils ont franchi la ligne rouge."

"On m'a dit 'sale nègre' plusieurs fois"

Cette nouvelle affaire a éclaté grâce au site Loopsider, qui a dévoilé jeudi les images montrant un homme noir, Michel Zecler, roué de coups par des fonctionnaires de police dans l'entrée d'un studio de musique du XVIIe arrondissement de la capitale.

"On m'a dit 'sale nègre' plusieurs fois et en me donnant des coups de poing", a dénoncé la victime en venant porter plainte, avec son avocate, au siège parisien de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). "Je voudrais juste que le travail [de l'IGPN, NDLR] soit fait", a-t-il dit au sortir de sa déposition. "Je n'ai aucun doute là-dessus", a-t-il ajouté.

Après les violences lors de la manifestation contre la proposition de loi sur la "sécurité globale" près de l'Assemblée nationale le 17 novembre dernier, l'évacuation d'un campement de migrants place de la République lundi, et le passage à tabac de Michel Zecler par des policiers: le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sera auditionné lundi par la commission des Lois de l'Assemblée nationale, pour évoquer ces violences qui ont entaché l'action des forces de l'ordre depuis dix jours.

Article original publié sur BFMTV.com