Producteur frappé par des policiers: "Ils m'ont fait peur"

Robin Verner
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Le producteur frappé à de multiples reprises par les policiers.  - BFMTV
Le producteur frappé à de multiples reprises par les policiers. - BFMTV

Le producteur de musique, frappé à de multiples reprises par des policiers dans ses studios d'enregistrement du 17e arrondissement de Paris le 21 novembre dernier, s'est rendu ce jeudi après-midi devant les locaux de l'Inspection générale de la police nationale, avec son avocate, afin de porter plainte. Il s'est exprimé devant la presse:

"Ils ne m’ont rien signifié, ils le savent, ils sont arrivés derrière moi. Je pense qu’ils m’ont suivi, vu comme ils étaient proches de moi quand j’ai ouvert ma porte. Ils m’ont surpris, m’ont fait peur. Ils sont rentrés dans mes studios." "Bien sûr, j‘ai eu peur. Un policier me braque, ça veut dire que je suis armé? Qu’on va tirer?" a-t-il repris plus tard.

"Les jeunes ont entendu"

Tandis que les policiers mis en cause nient avoir proféré des insultes racistes durant cette interpellation particulièrement violente, le producteur a rétorqué:

"Les petits jeunes qui étaient là ont entendu les insultes, ils le savent. Après, ils peuvent nier ce n’est pas grave. Ils m’ont frappé et ça se voit, là ils ne peuvent pas mentir."

L'avocate présente à ses côtés pour l'assister a précisé les motifs de la plainte qu'ils sont venus déposer: "Nous allons déposer plainte compte-tenu des violences qui ont été commises, avec armes par personnes dépositaires de l’autorité publique, et il y a aussi une violation de domicile."

La vidéo contredit le récit des policiers

Les policiers ont d'abord justifié, dans un procès-verbal enregistré le 22 novembre, cette violente interpellation en arguant que l'homme, auquel ils reprochaient de ne pas porter son masque, les avait entraînés dans ses locaux avant de chercher à leur prendre leur arme. Évoquant un homme devenu "dangereux" à leur égard, s'étant réfugié selon eux dans ses studios pour échapper à son interpellation, ils ont affirmé:

"L’individu nous repousse à plusieurs reprises avec ses bras en tentant de nous porter des coups. (...) Dans la débâcle, l’homme a tenté à plusieurs reprises de se saisir de notre arme administrative (...). Nous recevons à plusieurs reprises des coups au niveau du visage émanant de l’individu".

Ils ont cependant reconnu avoir porté des coups au producteur: "Ne parvenant pas à nous extraire de ce local, le gardien X, se saisit de sa matraque téléscopique et porte plusieurs coups au niveau du ventre, des jambes et des bras de l’homme".

Mais les images de vidéosurveillance révélées ce jeudi par le site Loopsider ont montré une toute autre scène: on y voit les agents rouer l'homme de coups, sans que celui-ci semble répliquer. Plus tard, expulsés des studios par des jeunes hommes présents pour un enregistrement, les policiers y ont envoyé une grenade anti-émeute.

Article original publié sur BFMTV.com