Procrastination : 9 conseils pour lutter contre ce phénomène

Comment lutter contre la procrastination ? (Getty)

La procrastination est un phénomène qui peut s’avérer très problématique. Mais en suivant quelques conseils, il est possible de s’en sortir.

Phénomène encore méconnu il y a quelques années, la procrastination est dans l’air du temps. C’est la tendance à reporter indéfiniment une tâche. Elle peut concerner tout le monde, à différents niveaux et dans différents domaines. Selon une enquête d’Opinion Way pour le site Jechange.Fr, les actifs et étudiants français procrastinent en moyenne 1h54 par jour, soit 18 jours ouvrés par an. L’étude du Professeur Ferrari de l’université DePaul, à Chicago, est encore plus édifiante. Il recense environ 20% de procrastinateurs chroniques. Si vous vous êtes retrouvé sur cet article, vous estimez peut-être en faire partie et vous souhaitez y remédier. Sachez qu’il existe bien des solutions pour lutter contre la procrastination. Plusieurs spécialistes nous ont livré leurs conseils pour venir à bout de la procrastination.

1. Avoir conscience du problème

Cette étape semble évidente et pourtant… De nombreuses personnes ne reconnaissent pas forcément leur problème de procrastination et ont tendance à le sous-estimer. Ce phénomène peut potentiellement provoquer des dégâts conséquents pour l’individu. “Face à la procrastination, je peux être dans le déni. Donc la première étape, c’est d’en avoir conscience“, explique Jean-Pierre Soulier, auteur du livre La procrastination. “Prendre conscience d’un problème est souvent une étape très importante“, confirme Aurélie Dorchy, auteure de Comment venir à bout de sa procrastination.Il ne faut pas hésiter à déculpabiliser et voir qu’il y a beaucoup de ressources disponibles aujourd’hui pour contourner ce problème”, explique-t-elle. Réussir à l’accepter, c’est déjà faire la moitié du chemin. Ça vaut le coup d’essayer, non ?

“Si à un moment vous avez un choix, une alternative, ce sera plus facile pour vous”

Jean-Pierre Soulier

2. Trouver la source de procrastination

Les causes sont multiples. Il s’agit d’un comportement, donc d’un individu à l’autre, cela peut varier“, affirme Jean-Pierre Soulier. Expert en développement personnel, Patrice Ras s’est également penché sur le phénomène et en a fait un livre, Aujourd’hui, j’arrête de tout remettre à demain : Halte à la procrastination. “Le conseil général que je donne aux gens qui procrastinent, c’est de faire un bilan“, explique Patrice Ras. Il faut identifier d’où vient le problème avant de passer à l’action. “C’est comme une voiture qui a un problème. Avant d’agir, il faut savoir ce qui ne marche pas dedans“. Pas bête. Si le problème est un manque de motivation par exemple, il faut clarifier la motivation et définir les désirs. Est-ce que ce que l’on fait nous plaît réellement ? Il faut savoir “faire un constat à froid de sa propre personne, analyse Hélène Nguyen Gateff, auteure de Lutter contre la procrastination.

3. Ne pas aller trop vite

C’est un piège à surtout éviter. Une fois le problème identifié, certains procrastinateurs changent drastiquement leur mode de vie du jour au lendemain. Ce n’est pas une solution viable puisque “le choc va être trop brutal“, selon Jean-Yves Ponce. Spécialiste de la mémoire, il coache également des gens souffrant de ce comportement et a écrit un ouvrage sur le sujet, Vaincre la procrastination. Il a pu observer les effets d’un changement trop brusque sur les procrastinateurs. “Dans les meilleurs cas, ça va être possible au mieux deux semaines“, affirme-t-il. Les spécialistes préconisent ainsi “la politique des petits pas“. Il n’est pas nécessaire de se précipiter et il est toujours agréable de savourer ses accomplissements, même les plus petits.

“Le temps perdu à bâiller ne se retrouve jamais”

Jean Dutourd (1920-2011), écrivain français

4. Analyser où passe le temps perdu

Si vous savez que vous procrastinez beaucoup, il est très instructif de savoir combien de temps et comment vous perdez ce temps. Jean-Yves Ponce demande aux personnes qu’il accompagne d’accomplir ce qu’il nomme le défi des trois jours. Il développe. “Je leur demande de faire l’exercice de noter exactement où passe leur temps durant trois jours consécutifs. Ça demande beaucoup d’efforts de faire ça, mais c’est très instructif. Le procrastinateur a tendance à surestimer le temps qu’il passe au travail et à sous-estimer le temps qu’il passe à faire autre chose. Mais une fois qu’il sera confronté à la dure réalité des chiffres, il pourra alors l’accepter“. Grâce à cette méthode, vous saurez comment agir pour gagner du temps sur certaines tâches importantes en en éliminant d’autres, plus futiles.

5. Découper une grande tâche en plusieurs parties

Si je découpe, la montagne paraît moins haute“, nous dit Jean-Pierre Soulier. Lorsque vous avez une tâche à réaliser qui vous semble insurmontable, cessez de regarder l’ensemble et divisez-la en plusieurs tranches, aussi petites que possible. Quand on écrit une liste, mettre “continuer mon rapport” ne marchera pas aussi bien que mettre “écrire le paragraphe 1 de mon rapport”“, analyse Aurélie Dorchy. Cela semble tout bête, mais le cerveau est tout d’un coup bien moins effrayé par la tâche qui l’attend. Le procrastinateur aura donc bien plus de facilité à se mettre au travail. Évidemment, n’hésitez pas à commencer par la petite tâche la plus simple possible, ce qui vous permettra de continuer sur votre lancée. “La première étape doit être trop facile. Ça vous donne de la confiance et ça vous met ensuite dans de bonnes dispositions pour enchaîner“, détaille Jean-Yves Ponce.

 

Faites-vous une to-do list avec plein de petites tâches simples (Getty)

6. Écourter les séances

L’individu qui procrastine aura souvent tendance à essayer de se planifier une grosse session de travail à l’approche d’une échéance. Par exemple, un étudiant qui n’a pas révisé va prévoir une session bachotage de trois heures juste avant ses partiels. Jean-Yves Ponce nous explique en quoi c’est une erreur. “Le cerveau n’est pas fait pour rester concentré durant trois heures d’affilée. Vous avez naturellement une chute d’attention au bout de 45 minutes et encore, c’est lorsque vous êtes vraiment à fond. Si vous faites trois heures d’affilée, vous allez passer plus de temps à faire autre chose qu’à travailler. Il vaut mieux faire plusieurs petites séances de 20 à 45 minutes sans interruption plutôt qu’une grosse séance de trois heures“. Ce sera donc moins douloureux pour le cerveau et plus facile à réaliser pour vous. Privilégiez donc des séances plus courtes et répétées pour plus d’efficacité.

7. Sortir de sa zone de confort

Vous avez l’habitude de travailler à la maison ? Et si cette fois-ci, vous preniez un peu l’air ? En effet, ce n’est pas une mauvaise chose de s’évader de sa zone de confort, surtout si celle-ci présente tous les éléments propices à la procrastination. Mais ce n’est pas tout selon Jean-Yves Ponce. “En changeant d’environnement, le cerveau ne sera plus en mode pilote automatique comme à la maison. Il va être beaucoup plus vigilant. Résultat : on sera donc plus concentrés et ainsi plus à même de travailler“. Changer d’environnement nous permet donc d’être plus efficace dans notre travail. Si vous ne savez pas où aller, sachez que de nombreux espaces de coworking se sont développés récemment. Sinon, vous pouvez toujours travailler dans des bibliothèques ou des cafés, un classique.

Les espaces de coworking sont en vogue (Getty)

8. Innover et changer de méthode

Il faut savoir jouer avec soi-même en changeant de méthode dès que celle que l’on utilisait ne nous parle plus“, explique Aurélie Dorchy. La méthode de travail d’un procrastinateur n’est pas la plus efficace, même s’il le pense parfois. L’important, c’est d’innover et de trouver d’autres circuits avec lesquels nous seront plus efficaces et ainsi challenger notre cerveau. “Il faut se montrer créatif et faire en fonction de ses humeurs, le prendre comme un jeu, pour que ce soit le moins ennuyant possible. Un jour on utilise la technique pomodoro, le suivant on fait des listes, ensuite on se fait aider par une connaissance…” détaille-t-elle. “On peut s’inspirer des gens qui réussissent à bien travailler et de leurs méthodes, sans forcément les copier. II n’existe pas une solution ferme et définitive pour tout le monde donc il faut tester. En fait, on est sa propre start-up“, pour Jean-Yves Ponce.

9. Récompenser ses efforts

Effectuer une tâche, surtout une qui ne nous plaît pas, n’est jamais évident. Et si vous vous faisiez plaisir après avoir accompli cette tâche ? Lorsque l’on procrastine, on profite avant d’avoir réalisé notre obligation. Ici, l’objectif est de se donner un but et de suivre l’expression “après l’effort, le réconfort” dans le bon ordre. Les spécialistes de la procrastination sont formels à ce sujet. “L’effort est toujours difficile, pour tout le monde. Le but est donc d’associer l’effort et la récompense. À chaque fois que je fais quelque chose de bien, que je ne reporte pas, je peux déjà me valoriser avec un compliment. Si c’est une tâche plus grande, je peux me récompenser avec quelque chose de concret“, explique Patrice Ras. Dans une vidéo sur sa chaîne YouTube, Jean-Yves Ponce nous explique également comment utiliser des récompenses pour “duper” notre cerveau. À vous de jouer !

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