Un proche de Maduro extradé vers les États-Unis, Caracas suspend les pourparlers avec l'opposition

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Le pouvoir vénézuélien ne participera pas au quatrième round de dialogue avec l’opposition, qui devait se tenir en Colombie. En cause, l’extradition d’Alex Saab ce samedi 16 octobre du Cap-Vert en direction des États-Unis. Cet homme d’affaire colombien proche de Nicolas Maduro est accusé notamment de blanchiment de fonds par Washington.

Le président du Parlement vénézuélien Jorge Rodriguez parle d’une « agression brutale ». L'avocat d'Alex Saab au Cap-Vert dénonce; lui, une « extradition illégale », car « la procédure n’était pas encore définitive ».

L’homme d’affaires colombien avait été arrêté au Cap-Vert en juin dernier lors d’une escale. Mais malgré tous les efforts de Caracas, ce proche du président Nicolas Maduro a bien été mis dans un vol vers les États-Unis. Il est censé avoir « sa première audition judiciaire lundi 18 octobre » devant un tribunal de Floride, a précisé le ministère américain de la Justice dans un communiqué, confirmant cette extradition.

Washington l'a inculpé en 2019 pour blanchiment d’argent, et l’accuse d’être à la tête d’un vaste réseau ayant permis au président vénézuélien et son gouvernement de détourner de l’aide humanitaire destinée aux habitants. Le pays est depuis des années aux prises avec une crise politique mais aussi économique. Quelque 350 millions de dollars seraient ainsi partis du Venezuela vers des comptes à l’étranger, notamment aux États-Unis. Alex Saab risque 20 ans de prison.

Le pouvoir suspend les négociations avec l’opposition

En réponse, Caracas a suspendu sa participation aux négociations avec l’opposition menée par Juan Guaido, qui devaient reprendre ce lundi 18 octobre. « Nous n'assisterons pas au [quatrième] round qui devait commencer le 17 octobre à Mexico, en protestation à la brutale agression [...] contre Alex Saab », a annoncé le président du Parlement Jorge Rodriguez, chef de la délégation du pouvoir.

Alex Saab, qui a également la nationalité et un passeport diplomatique vénézuéliens, avait été désigné comme membre de la délégation du pouvoir pour la précédente session de négociations en septembre.

Pouvoir et opposition ont entamé des négociations en août. Caracas veut une suppression des sanctions imposées par les pays qui ne reconnaissent pas l'élection de Maduro. L'opposition, après avoir rompu avec sa stratégie de boycott de la présidentielle de 2018 et des législatives de 2020, veut désormais des élections libres et transparentes en vue du scrutin régional du 21 novembre, mais surtout de la présidentielle de 2024.

Six anciens cadres de Citgo mis en prison

Après l’annonce de l'extradition d'Alex Saab, six anciens cadres de Citgo, une filiale américaine de la compagnie pétrolière d’État vénézuélienne PDVSA, qui étaient en résidence surveillée au Venezuela, ont été mis en prison. Si cela n’a pas eu de lien officiel, ce changement ressemble là aussi à une mesure de rétorsion, souligne Christophe Paget, du service International de RFI.

Ces anciens cadres de Citgo avaient été condamnés à des peines de 8 à 13 ans de prison pour corruption en novembre 2020, avant de bénéficier d’une assignation à résidence en avril. Ce qui avait été perçu comme un geste de bonne volonté du président Maduro envers Washington

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