Procès Weinstein : l’ex-roi d'Hollywood n'est plus que l’ombre de lui-même

Paris Match était présent dans la salle d’audience au tribunal de New York et a assisté aux premières passes d’armes entre ses avocats et l’accusation.

En arrivant à 9h11 du matin dans la salle d’audience, au quinzième étage du tribunal de New York, Harvey Weinstein semble hagard. Son teint est d’une pâleur extrême. Ses yeux cernés trahissent une nuit sans sommeil. Il s’avance en s’arc-boutant à un déambulateur, qu’il utilise depuis une récente opération du dos. Une fois assis, il regarde dans le vide, la bouche à moitié ouverte. Harvey Weinstein en rajoute peut-être, mais il n’a clairement pas envie d’être là. En costume noir et cravate de la même couleur mal nouée sur une chemise blanche qui dépasse du pantalon, l’ex-roi d'Hollywood n'est plus que l’ombre de lui-même. Quelques minutes avant son entrée dans la salle d’audience, quelques-unes de ses accusatrices - Rosanna Arquette, Rose McGowan etc, réunies dans le collectif « Silence Breakers » (« briseuses de silence ») - lui avaient réservé un accueil devant le tribunal qui n’avait rien d’un « red carpet » : les photographes étaient bien là mais les sifflets avaient remplacé les applaudissements ...

Pendant l’audience, qui commence à 9h25 avec cinq minutes d’avance, Harvey Weinstein ne lâche pas un mot. Il se contente de feuilleter son dossier, de prendre des notes, qu’il range soigneusement dans des pochettes jaunes pendant que ses avocats défendent sa cause. Ils ont fort à faire car face à eux, la procureure Joan Illuzzi-Orbon, qui mène l’accusation, se montre d’emblée très agressive. « Je suis prête pour le procès », lance-t-elle, bravache. Avec un fort accent new yorkais qu’on dirait tout droit sorti d’un film de Scorsese, elle reproche à Donna Rotunno, choisie par Weinstein pour diriger sa défense, d’avoir omis de transmettre des pièces essentielles, comme par exemple la liste de ses témoins. Puis elle(...)


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