Procès de Viry-Châtillon: la procureure générale dément que les accusés aient été qualifiés de "chance pour la France"

Alexandra Gonzalez avec Fanny Rocher
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Procès en appel des 13 jeunes accusés d'avoir attaqué et brûlé avec des cocktails Molotov des policiers à Viry-Châtillon en 2016  - Benoit PEYRUCQ / AFP
Procès en appel des 13 jeunes accusés d'avoir attaqué et brûlé avec des cocktails Molotov des policiers à Viry-Châtillon en 2016 - Benoit PEYRUCQ / AFP

Rectifier des "propos erronés". La procureure générale de Paris, Catherine Champrenault, a dénoncé dans un communiqué publié ce mercredi une "tentative de déstabilisation" de la justice, après les nombreuses réactions critiquant le verdict rendu dans le procès en appel des policiers brûlés à Viry-Châtillon (Essonne), au cours duquel huit des treize accusés ont été acquittés.

Dans un entretien au Figaro dimanche, Me Thibault de Montbrial, avocat d'une policière partie civile au procès, avait assuré: "L'un des deux avocats généraux a conclu ses réquisitions en déclarant à l'intention des accusés qu'ils avaient selon lui 'de l'empathie', et qu'ils constituaient à ses yeux 'une richesse pour le pays'".

Pas d'expression d'"empathie à l'égard des accusés"

Des propos qui ont suscité de nombreux commentaires de la classe politique, notamment ceux de la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, pour qui il aurait fallu "prononcer des peines exemplaires" dans ce procès. "On ne peut pas avoir un procureur de la République qui dit à ces criminels (...) qu'ils sont une chance pour la France", avait-elle notamment déclaré sur notre antenne ce mardi.

D'après le communiqué de la procureure générale, le magistrat concerné, l'"avocat général", "n'a jamais exprimé son 'empathie' à l'égard des accusés".

Le magistrat a enjoint les accusés "à se respecter eux-mêmes en assumant leur responsabilité pénale pour s'amender et construire un nouveau parcours de vie en respectant leur entourage".

Des peines de six à 18 ans de réclusion

Selon la haute magistrate, l'avocat général a poursuivi:

"Pour ce faire, il s'agira de briser cette loi du silence, cette omerta génératrice de violence dont vous avez été les auteurs ce 8 octobre 2016, en dialoguant, en échangeant, en parlant, non pas pour propager des rumeurs ou parler seulement entre vous, mais avec les autres, tous les autres, au-delà de la rue de la Serpente et de la Grande Borne, avec tous les citoyens venus d'horizons différents et qui font la richesse de notre pays, dont vous êtes, ne vous déplaise, aussi les enfants", a en réalité déclaré le procureur.

Au terme de six semaines de procès à huis clos, cinq jeunes ont été condamnés dans la nuit de samedi à dimanche à des peines allant de six ans à dix-huit ans de réclusion criminelle pour avoir attaqué et brûlé des policiers à Viry-Châtillon.

Article original publié sur BFMTV.com