Procès Troadec: la défense "supplie" les jurés de ne pas choisir la perpétuité pour Hubert Caouissin

·3 min de lecture
Croquis d'audience montrant le principal accusé de l'affaire Troadec Hubert Caouissin (g) et sa co-accusée Lydie Troadec (d) ainsi que d'autres protagonistes du procès qui s'est ouvert devant la cour d'assises à Nantes, le 22 juin 2021 - Benoit PEYRUCQ © 2019 AFP
Croquis d'audience montrant le principal accusé de l'affaire Troadec Hubert Caouissin (g) et sa co-accusée Lydie Troadec (d) ainsi que d'autres protagonistes du procès qui s'est ouvert devant la cour d'assises à Nantes, le 22 juin 2021 - Benoit PEYRUCQ © 2019 AFP

Hubert Caouissin passera-t-il le reste de ses jours en prison? Ses avocats ont "supplié" ce mercredi les jurés d'avoir le "courage" de ne pas condamner à perpétuité cet homme à la "paranoïa atroce", jugé pour avoir tué la famille Troadec à coups de pied-de-biche, avant de démembrer le corps de ses victimes.

"Hubert Caouissin est dans une cage, il est dans une cage mentale, dans une cage d'obsession et de délire. Il n'a pas choisi de tuer ses victimes. Il n'était pas libre, il était pris dans cette paranoïa atroce. Vous devez en tenir compte", a lancé son avocat, Me Thierry Fillion, devant la cour d'assises de Loire-Atlantique.

"Je regrette ce qui s'est passé à Orvault et ce que j'ai fait après", a déclaré celui qui a dépecé minutieusement les corps au couteau de cuisine pendant trois jours, jetant les muscles et les viscères dans des ronciers, dans l'espoir qu'ils soient mangés par des animaux sauvages, et incinérant les os, la peau et le gras dans sa chaudière.

"Je demande pardon à tous ceux qui ont été affectés par cette tragédie. Je demande pardon à Sébastien, à Charlotte, à Brigitte et à Pascal", les quatre victimes, a-t-il ajouté.

"Emporté dans les méandres de son délire paranoïaque"

Mardi, le ministère public a requis contre lui la réclusion criminelle à perpétuité, avec 22 ans de période de sûreté. "C'est une peine très lourde, une peine d'élimination", a estimé Me Fillion, qui a longuement insisté sur la pathologie mentale dont souffre son client, un "délire chronique de type paranoïaque", reconnu unanimement par les experts psychiatres et psychologues.

"Hubert Caouissin est un homme ordinaire, emporté dans les méandres de son délire paranoïaque", a-t-il plaidé alors que, la veille, le ministère public a demandé aux jurés de ne "pas tenir compte" de cette pathologie.

Égrenant les différents rapports d'expertise rendus durant l'instruction, Me Fillion a décompté "114 pages d'expertise. 114 pages de bobards, monsieur l'avocat général? C'est ça que vous dites? Ce sont des bobards, des salades?", a-t-il lancé, affirmant que "la folie a poussé" l'accusé à faire le déplacement à Orvault "ce soir de février 2017".

Convaincu que son beau-frère avait volé un trésor imaginaire de lingots d'or, l'accusé a raconté s'être rendu chez sa belle-famille pour obtenir des "informations" sur cette spoliation supposée. Assailli dès son entrée dans la maison, il aurait alors tué pour se défendre, selon son récit.

"Ce n'est pas un psychopathe"

"À tous les moments des faits pour lesquels Hubert Caouissin est poursuivi, l'affection mentale rôde", a-t-il argué, réfutant la "dangerosité" de son client soutenue par le ministère public pour justifier ses réquisitions. "Ce n'est pas un psychopathe, ce n'est pas un pervers", s'est énervé un autre avocat de la défense, Me Patrick Larvor.

Si la cour reconnaissait que le discernement de l'accusé était altéré pendant la commission des crimes, elle pourrait alors lui accorder une atténuation de peine, qui serait abaissée à 30 ans de réclusion.

Les avocats de Lydie Troadec, la compagne du principal accusé, jugée pour modification de scène de crimes et recel de cadavres, ont quant à eux demandé à la cour de prononcer une peine assortie du sursis à l'encontre de leur cliente. La peine maximale, trois ans de prison ferme, a été requise la veille.

"Elle n'a jamais souhaité la mort de son frère. Elle n'a jamais souhaité la mort de sa famille", a plaidé Me Alexis Crestin. "La culpabilité, elle en a conscience, ce n'est pas la renvoyer en prison qui changera quoi que ce soit."

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles