Procès Sarkozy: suspension d'audience après une violente altercation entre deux avocats

Sarah-Lou Cohen avec Jeanne Bulant
·3 min de lecture
L'ancien président Nicolas Sarkozy arrive au Tribunal de Paris pour son son procès dans l'affaire des
L'ancien président Nicolas Sarkozy arrive au Tribunal de Paris pour son son procès dans l'affaire des

L'audience du procès des écoutes, au cours duquel est jugé Nicolas Sarkozy, a été suspendue jusqu'à jeudi après-midi, a-t-on appris ce mercredi, en raison d'une violente altercation qui a eu lieu ce jour entre deux avocats, au cours de laquelle le bâtonnier a été contraint d'intervenir.

Pour rappel, dans l'affaire des "écoutes", Nicolas Sarkozy, 65 ans, est soupçonné d'avoir, avec son avocat Thierry Herzog, tenté de corrompre l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert, alors en poste à la Cour de cassation.

Les faits qui ont conduit à la suspension de séance ont eu lieu ce mercredi en fin d'après-midi, après que l'avocat général Gilbert Azibert a été entendu par le tribunal. Vers 18h30, la présidente finit d’interroger Gilbert Azibert et donne la parole aux parties civiles.

Un dîner entre Jacqueline Laffont et Gilbert Azibert

Me Frédérik Canoy, avocat d'une partie civile, a d'abord représenté Paul Bismuth avant d'être déssaisi dans cette affaire. Il s'est-lui même porté partie civile au motif qu'il aurait été moqué par la défense. Il était assis à l’audience, aux côtés de l'homme qu'il représente: un individu qui prétend vouloir dénoncer les manœuvres de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Zine el-Abidine Ben Ali.

Alors que les procureurs du parquet national financier (PNF) veulent interroger le prévenu, un des magistrats projette les agendas de Gilbert Azibert et mentionne, sur un ton inquisiteur, un dîner entre Gilbert Azibert et l’avocat Pierre Haik, alors que ce dernier est le compagnon de Jacqueline Laffont, l’avocate de Nicolas Sarkozy. L'insinuation la fait vivement réagir, et celle-ci décide de quitter la salle. La présidente suspend alors l’audience.

Les avocats séparés par les policiers

C’est à ce moment-là qu’éclate une dispute entre Me Canoy et l’un des avocats de Thierry Herzog, Me Paul Albert Iweins. Les deux se rapprochent, le ton monte. On entend Canoy dire: "il va me casser la gueule". Auprès de BFMTV, Me Paul Abert Iweins a démenti toute volonté d'en venir aux mains et affirmé n'avoir pas cherché à se rapprocher de son confrère.

Des policiers dans la salle séparent les deux hommes, tandis que le bâtonnier est alerté. Toute la salle d'audience est évacuée. Un membre du conseil de l’ordre vient jouer les intermédiaires pour calmer les esprits. Après une suspension de séance de près de 30 minutes, la présidente décide de renvoyer l’audience à jeudi 13h30.

Par ailleurs, Me Canoy a déposé plainte ce mardi contre Thierry Herzog pour menaces de morts réitérées, a-t-on appris ce mercredi, confirmant une information du Point, et il réfléchirait sérieusement à se désister de sa consitution de partie civile.

Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy cherchait selon l'accusation à obtenir des informations couvertes par le secret, voire à peser sur une procédure engagée devant la haute juridiction liée à l'affaire Bettencourt, dans laquelle il avait obtenu un non-lieu fin 2013. En contrepartie, il est accusé d'avoir promis un "coup de pouce" à Gilbert Azibert pour un poste de prestige convoité par ce dernier à Monaco, mais qu'il n'a jamais obtenu.

Article original publié sur BFMTV.com