Procès #MeToo: l'artiste belge Jan Fabre condamné à 18 mois de prison avec sursis

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Jan Fabre, figure majeure des arts plastiques et de la danse en Belgique, a été condamné ce vendredi 29 avril à 18 mois de prison avec sursis suite à des accusations d’agressions sexuelles et de harcèlement au sein de sa compagnie Troubleyn en 2018.

L’artiste de 63 ans était absent pour le prononcé du jugement et n’a pas non plus assisté à son procès, où sa défense a essentiellement plaidé son côté provocateur, anarchiste et radical, son caractère tranché et sa volonté de dépasser les limites qui sont la marque de son œuvre. Mais les témoignages des plaignantes ont été qualifiées de très crédibles par le parquet qui avait requis trois ans de prison ferme à l'encontre de Jan Fabre, rapporte Pierre Benazet.

Les victimes ont toutes été des membres ou des collaboratrices de Troubleyn, la compagnie de danse de l'artiste entre 2002 et 2018. Une « culture de la peur » avait été instaurée en son sein par Jan Fabre, a établi la procureure. Durant le procès, les victimes ont décrit des faits de harcèlement moral ou sexuel, d’attentat à la pudeur et ont évoqué des rapports sexuels que Jan Fabre aurait imposés à des danseuses en échange du droit de danser en solo.

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« Une étape importante »

Le tribunal correctionnel d'Anvers n’a pas suivi le ministère public en n’infligeant au chorégraphe que la moitié de la peine requise, et avec sursis. Certains des faits ont été jugés non prouvés ou prescrits, car remontant à une période située entre 2002 et 2005. Le tribunal a tout de même retenu les accusations de six des douze plaignantes. Il a notamment retenu l'accusation d'« attentat à la pudeur » pour un baiser avec la langue non consenti à une plaignante et les violences ou humiliations subies par cinq autres danseuses.

Ce jugement est « une étape importante » et « une reconnaissance » pour les victimes, a réagi An-Sofie Raes, l'une des avocates des parties civiles, citée par l'agence de presse Belga. « Les victimes de ces comportements savent désormais que de tels actes sont punissables », a-t-elle ajouté.

Le tribunal estime que la peine prononcée doit « faire prendre conscience » à Jan Fabre « de la gravité de ses actes » et indique que sa décision tient compte de « leur caractère répétitif » et « de l'impact » qu'ils ont eu sur les victimes.

Outre sa condamnation à 18 mois de prison avec sursis, Jan Fabre se voit infliger par le tribunal d’Anvers une peine supplémentaire de cinq ans de privation de droits civiques. Et, première conséquence tangible de ce jugement : une sculpture de Jan Fabre a été retirée du toit d’un musée anversois.

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