Procès lundi à Lyon d'un important réseau de marchands de sommeil

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Palais de justice de Lyon le 1er décembre 2020 (AFP/JEAN-PHILIPPE KSIAZEK)

Quatorze personnes soupçonnées d’avoir participé à un vaste réseau de location de logements insalubres, à Lyon et dans plusieurs villes de la périphérie lyonnaise, seront jugées à partir de lundi et jusqu'au 15 octobre devant le tribunal judiciaire de Lyon.

L’instruction judiciaire estime que plus d’une centaine de personnes ont été victimes de cette organisation, logées dans des conditions indignes entre 2012 et 2017.

La méthode de ce réseau de marchands de sommeil consistait à découper des logements en plusieurs parties réduites, afin de multiplier les locations, en proposant les logements à des personnes ou des familles en situation de vulnérabilité, souvent en situation irrégulière.

A Vaulx-en-Velin, en banlieue de Lyon, par exemple, deux appartements ont été modifiés pour créer 17 logements d’une surface de 10 à 15 m2. Créé par plusieurs membres d’une même famille d’origine tunisienne, le réseau a acquis plusieurs immeubles et appartements, à Lyon, Saint-Fons, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Vénissieux.

L’affaire a révélé l’utilisation de plusieurs SCI et de sociétés de bâtiment destinées à blanchir les fonds perçus dans les locations. Les suspects proposaient par ailleurs aux étrangers en situation irrégulière des "packs" de faux contrats de travail et fiches de paies, d’un prix de 900 euros, afin d'obtenir des prestations sociales.

Une quarantaine de personnes ont bénéficié de ce système frauduleux, selon l’enquête.

Le contrôle d’un salon de coiffure a déclenché toute l’affaire en 2014. La justice lyonnaise a découvert l’existence d’une douzaine de salons de coiffure complètement clandestins, pratiquant des prix très bas à 10 euros la coupe, et employant des coiffeurs sans titre de séjour. Non déclarés, les établissements auraient rapporté 500.000 euros par an à l’organisateur principal, suspecté d’avoir ensuite investi l’argent dans les logements clandestins.

Les prévenus, âgés de 21 à 54 ans, sont poursuivis pour "soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes", "escroquerie en bande organisée", "blanchiment", "travail dissimulé" et "aide au séjour irrégulier".

La métropole de Lyon est constituée partie civile au procès, ainsi qu’une banque, victime d’un non remboursement de prêt.

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