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Procès de l'attentat de Strasbourg: le parquet requiert 30 ans de réclusion contre le principal accusé

L'entrée de la salle d'audience du procès de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg en 2018, au palais de justice de Paris, le 29 février 2024 (Ian LANGSDON)
L'entrée de la salle d'audience du procès de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg en 2018, au palais de justice de Paris, le 29 février 2024 (Ian LANGSDON)

Une peine de trente ans de réclusion, assortie d'une période de sûreté des deux tiers, a été requise mardi contre Audrey Mondjehi, le principal accusé du procès de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg en 2018.

Bien qu'il se prétende "sourd, aveugle, muet et amnésique", l'accusé de 42 ans a été l'"intermédiaire plus que zélé" du jihadiste Chérif Chekatt, dont l'attaque a fait 5 morts et 11 blessés le 11 décembre 2018, a fustigé le parquet national antiterroriste (Pnat) devant la cour d'assises de Paris.

L'assaillant, qui avait prêté allégeance à l'organisation Etat islamique (EI), avait été abattu par les forces de l'ordre après deux jours de traque.

Audrey Mondjehi, qui a reconnu l'avoir aidé à se procurer des armes, est jugé pour complicité d'assassinats et de tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste.

Il a expliqué en substance pendant les débats qu'il ignorait la radicalisation de son "copain", et qu'il avait agi pour lui "rendre service", car il pensait que Chérif Chekatt voulait commettre un braquage.

Des arguments balayés par le parquet, pour qui "tous les éléments démontrent qu'il ne pouvait pas ne pas savoir" que le jihadiste préparait un attentat.

Le Pnat a par ailleurs requis cinq ans de prison contre deux autres accusés, qui comparaissent libres après avoir passé deux ans et dix-huit mois de détention provisoire. On leur reproche également un rôle d'intermédiaire, mais de moindre importance, pour aider Chérif Chekatt à se procurer des armes.

L'un d'eux, Frédéric B., "a choisi en toute connaissance de cause d'être le lien entre l'acheteur et le vendeur (de l'arme), bien qu'il n'ait pas voulu l'acte terroriste", selon le parquet.

L'autre, Christian H., a reconnu avoir vendu à Chérif Chekatt, par l'intermédiaire d'Audrey Mondjehi, deux armes qui n'ont pas servi pour l'attentat.

Un quatrième accusé, Stéphane B., était également poursuivi aux côtés de son frère Frédéric pour avoir mis en relation le vendeur et l'acheteur de l'arme utilisée par Chérif Chekatt le soir de la tuerie.

Les débats ont toutefois établi qu'il n'était pas présent le jour de cette mise en relation. Le parquet a requis son acquittement. L'homme a passé quatorze mois en détention provisoire.

ab/pa/cpy