Procès de l'attentat de Nice: les images de vidéosurveillance seront diffusées jeudi

Croquis d'audience des accusés (g-d) Enkeledja Zace, Artan Henaj, Maksim Celaj, Chokri Chafroud, Endri Elezi, Ramzi Arefa et Mohamed Ghraieb à la Cour d'assises spéciale, au premier jour du procès de l'attentat de Nice, le 5 septembre 2022 à Paris  - Benoit PEYRUCQ © 2019 AFP
Croquis d'audience des accusés (g-d) Enkeledja Zace, Artan Henaj, Maksim Celaj, Chokri Chafroud, Endri Elezi, Ramzi Arefa et Mohamed Ghraieb à la Cour d'assises spéciale, au premier jour du procès de l'attentat de Nice, le 5 septembre 2022 à Paris - Benoit PEYRUCQ © 2019 AFP

Les images de vidéosurveillance de l'attentat de Nice, qui avait fait 86 morts le 14 juillet 2016, seront diffusées jeudi "en fin de matinée" au procès qui se tient à Paris depuis le 5 septembre, a annoncé mercredi le président de la cour d'assises spéciale.

Elles pourront être vues par tous, y compris le public et la presse, à Paris comme dans la salle de retransmission à Nice, a également tranché la cour. Ces "images extrêmement violentes" sont bien "de nature à éclairer la cour" sur l'acte criminel commis par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel au volant d'un camion-bélier sur la Promenade des Anglais, a estimé le président Laurent Raviot.

Et si aucun accusé n'est jugé pour complicité, l'attentat présente bien "un lien de connexité avec l'association de malfaiteurs terroriste" pour laquelle trois des huit accusés sont jugés, a ajouté le magistrat.

Le président a également estimé que ce visionnage pourrait "éclairer la cour sur le nombre de victimes" et l'aider à "apprécier la notion de proximité et de périmètre de l'attentat".

A l'issue du verdict, si certains accusés sont jugés coupables, la cour devra en effet apprécier, lors d'une audience civile, la recevabilité des quelque 2.000 constitutions de parties civiles enregistrées au début du procès.

Le président a enfin expliqué avoir "pris en compte le fait que le visionnage de ce scellé, sollicité par de très nombreuses parties civiles, (pouvait) participer à leur compréhension de l'événement et au processus de réparation".

La demande de huis-clos partiel rejetée

La cour a rejeté une demande de huis-clos partiel formulée par l'une des avocates des parties civiles, qui aurait exclu la presse et le public de la projection de ces images. Mais un "service d'ordre conséquent" sera présent dans la salle d'audience et dans les salles de retransmission, à Paris comme à Nice, pour qu'"il n'y ait aucune possibilité de captation d'images".

Ces images filmées par 20 caméras de vidéosurveillance de la ville de Nice démarrent à 21h34, "dès le moment où Mohamed Lahouaiej-Bouhlel arrive à son camion" garé dans la rue, en vélo, avait expliqué vendredi le policier qui avait été chargé de l'exploiter pour les besoins de l'enquête.

Elles comprennent une coupure de 41 minutes, durant laquelle "on le perd de vue", avant l'attaque proprement dite, d'une durée de 4 minutes 17, à partir du moment où le 19-tonnes loué quelques jours plus tôt par l'assaillant apparaît, "tous feux éteints", sur le trottoir de la Promenade des anglais, à 22h33.

Le président de la cour a lui-même pré-visionné la vidéo mardi soir en compagnie de la cour, des avocats de la défense et de nombreux avocats de parties civiles. "Il n'y a aucune obligation à regarder ces images. Les personnes qui hésitent à regarder ces images, je leur conseille vivement de ne pas le faire", a-t-il averti." Je pense qu'il faut être conscients de l'effroi que ces images vont provoquer", avait aussi indiqué vendredi l'un des avocats généraux, Jean-Michel Bourlès.

"Jespère que ça aidera"

Si elle a fait débat, les parties civiles et le président de la cour d'assises spéciales se sont montrés plutôt favorables à la diffusion de ces images. "J'ai dit que j'étais d'accord. A priori, je pense que j'irai les voir", avait déclaré Florence, victime de l'attentat au micro de BFM Nice Côte d'Azur."Les images sont encore présentes dans ma mémoire. Je pense que ça peut aider, en tout cas j'espère que ça aidera", avait-elle confié.

Anne Murris, présidente de l'association " ", s'est elle aussi dite favorable à la diffusion des vidéos. L'association, par la voix de son avocat, a demandé explicitement à ce que ce soit le cas.

"C'est une demande qui a été faite par une grande majorité des adhérents de "Mémorial des Anges". C'est une demande réelle des victimes et cela me semble essentiel, au-delà de la manifestation de la vérité, au-delà de l'importance de montrer à la cour l'horreur du 14-juillet et renvoyer cette abomination aux personnes qui sont dans le box, ces images constituent, à mon sens, un élément essentiel dans la recevabilité de la constitution de partie civile", a-t-elle déclaré.

Article original publié sur BFMTV.com