Procès de l'«agent orange»: les géants de l'agrochimie nient toute forme de responsabilité

·2 min de lecture

L'audience du procès de l'« agent orange », ce poison employé par l'armée américaine au Vietnam, s'est ouverte à Évry ce lundi. La Franco-Vietnamienne Tran To Gna, qui a porté plainte contre les fabricants de l'« agent orange », et les multinationales de l'agrochimie s'affrontent dans une bataille éthique contre la froideur juridique.

Ses avocats ont voulu en faire un symbole. Donner raison à Tran To Gna contre les multinationales de l’agrochimie, ce serait entrer dans l’histoire, a lancé maître William Bourdon aux juges du tribunal d’Évry. « Les temps ont changé. Il faut que vous mettiez fin à la culture de l’impunité, que vous reconnaissez l’écocide causé par l’"agent orange" », a martelé l'avocat. Autrement dit, la destruction irrémédiable de l’environnement mais aussi les ravages qui ont touché des millions de Vietnamiens.

Sur le banc d’en face, les représentants de Monsanto, Dow Chemical, Hercules… ces sociétés qui ont fourni leurs produits chimiques de l'armée américaine à partir de 1960, répondent point par point. À l’époque, personne ne connaissait la très haute toxicité de ces produits, ils étaient autorisés sur le marché intérieur et le principe de précaution n’existait pas, affirment ces géants de l'agrochimie.

Ces entreprises ne se considèrent en tout cas pas responsables, car selon elle, l’ordre d’utiliser l’Agent Orange au Vietnam venait d’en haut et était signé par le président John Fitzgerald Kennedy en personne. Elles estiment n’avoir fait qu’obéir aux exigences impérieuses du gouvernement américain.

► À lire aussi : France: le procès historique de l’"agent orange"

Les magistrats français qui héritent de ce dossier brûlant devraient se donner plusieurs semaines pour rendre leur décision. Si jamais ils décidaient de donner suite à la plainte de Tran To Gan, ce serait une avancée judiciaire inédite en faveur des victimes vietnamiennes de l’« agent orange ».