Procès de l’attentat de Nice : la diffusion d’images de vidéosurveillance au cœur des débats

Ce croquis d’audience réalisé le 5 septembre 2022 montre une vue générale du palais de justice de Paris lors de la journée d’ouverture du procès de l’attentat au camion de Nice.
BENOIT PEYRUCQ / AFP Ce croquis d’audience réalisé le 5 septembre 2022 montre une vue générale du palais de justice de Paris lors de la journée d’ouverture du procès de l’attentat au camion de Nice.

BENOIT PEYRUCQ / AFP

Ce croquis d’audience réalisé le 5 septembre 2022 montre une vue générale du palais de justice de Paris lors de la journée d’ouverture du procès de l’attentat au camion de Nice.

JUSTICE - Un air de déjà-vu. Ce vendredi 9 septembre, un débat abordé lors du procès du 13-Novembre a fait surface au cinquième jour d’audience du procès de l’attentat de Nice, devant la cour d’assises spéciale de Paris.

Le président a ouvert le débat épineux de la diffusion des images de vidéosurveillance de l’attentat sur la Promenade des Anglais. De vifs échanges ont alors parcouru la salle d’audience au sujet de ce visionnage « très important » pour beaucoup de victimes, ont fait valoir la majorité des avocats de parties civiles, tandis que ceux de la défense considèrent qu’il « n’est pas nécessaire ».

Le président n’a pas précisé quand il rendrait sa décision mais a souligné en fin d’audience que la vidéo ne pourrait pas être visionnée ce vendredi comme envisagé dans un premier temps. Il indique que la cour pourrait pré-visionner les vidéos le 13 septembre en fin de journée, en présence des seuls avocats qui le souhaitent. S’il acte la diffusion à l’audience, elle devrait logiquement avoir lieu le 15 septembre en fin de matinée.

Selon le président, la diffusion de séquences vidéo aurait un sens. « Cela correspond aux faits dont nous sommes saisis, les faits prennent leur source aussi dans la compréhension du déroulement des faits ». Il ajoute que « pour les problématiques de recevabilité des parties civiles, cela permettra d’avoir des éléments ».

L’avocat général n’est « pas opposé » à leur projection pendant l’audience. « Ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est l’effroi que va provoquer ce visionnage. Il faut vraiment en être conscient », a-t-il souligné. Et d’ajouter : « Ces vidéos ne sont pas nécessaires pour caractériser les infractions qui sont aujourd’hui reprochées aux accusés. »

Bis repetita

Une problématique qui rappelle forcément celle du procès du 13-Novembre. En effet, des images et des sons de la salle de concert du Bataclan avaient été diffusés le 1er avril dernier en début d’audience, après décision de la cour d’assises spéciale de Paris.

Et comme pour l’attentat de Nice, a diffusion d’images aussi violentes avait provoqué une division au sein des parties civiles. Fin octobre, c’est l’extrait où l’on entend les assaillants revendiquer leur acte, plusieurs tirs et le bruit d’une explosion qui avait été diffusé après que le président de la cour, Jean-Louis Périès, avait permis aux parties civiles qui le souhaitaient de quitter la salle d’audience.

« Ôter à cette juridiction l’image et le son, c’est la rendre aveugle et sourde », avait écrit en janvier Daphné Pugliesi, avocate de parties civiles, dans une tribune publiée dans Libération, réagissant au choix de ne montrer que la salle du Bataclan rénovée à l’époque. « Il semble nécessaire de rappeler que pour bien juger il faut comprendre, savoir, voir et entendre. Les images du Bataclan ne portent ni sentiment ni tourment. Ce sont des documents de travail dans notre quête de la vérité », avait-elle poursuivi.

C’est également en ce sens que Me Jean-Jacques Delas, avocat de l’association de défense des victimes Life for Paris, a demandé la diffusion de photos prises au Bataclan et de six minutes d’enregistrements sonores. « Un procès d’assises, c’est d’abord montrer la scène du crime », avait-il affirmé.

Selon l’avocat, « il n’existe pas un procès d’assises dans lequel on ne montre pas, même si c’est totalement douloureux, affreux, morbide. Il est normal que ceux qui étaient sur place puissent réécouter et entendre et, par ailleurs, ça confronte les accusés à la réalité des faits » soulignait-il au moment où ces longs débats s’étaient invités dans la salle d’audience du procès.

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