Procès Guérini: plus de 14,6 millions d'euros réclamés par les parties civiles

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Les treize parties civiles du procès des frères Guérini ont réclamé mardi devant le tribunal correctionnel de Marseille plus de 14,6 millions d'euros de dommages et intérêts ou de préjudice moral aux onze prévenus jugés notamment pour leur participation au trucage de marchés publics.

"Pour nous, c'est une question de principe. Il faut restaurer l'image de marque de la démocratie dans notre région, dire aux citoyens que la corruption n'est pas une fatalité, que de tels faits doivent être sanctionnés", a expliqué à la barre l'ancien juge financier Jean-Pierre Zanoto, administrateur de l'association "Transparency International" partie civile au procès.

L'ancien président du Conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini est jugé depuis le 15 mars devant le tribunal correctionnel avec son frère Alexandre, entrepreneur dans la gestion des déchets, aux côtés de neuf autres prévenus -élus, fonctionnaires territoriaux, dirigeants de sociétés- et la société SMA Environnement d'Alexandre Guérini.

Pas moins de dix dossiers dont Alexandre Guérini est le personnage central, sont examinés par le tribunal, son frère Jean-Noël n'étant lui poursuivi que pour une seule affaire. La justice lui reproche d'avoir préempté puis revendu un terrain appartenant à la famille Semaire pour aider Alexandre qui en avait besoin pour agrandir une décharge et honorer un contrat passé avec une communauté d'agglomération.

Treize parties civiles se sont constituées au procès.

Parmi elles, le Conseil général des Bouches-du-Rhône a réclamé 30.000 euros de dommages et intérêts à Jean-Noël Guérini, à son frère Alexandre et à la société de ce dernier la SMAE. Il demande en outre 5.000 euros à l'ancien chef de cabinet du président du Conseil général, Remy Bargès, accusé de destruction de preuves.

La métropole Aix-Marseille-Provence représentant trois parties civiles, a demandé 9,2 millions d'euros à Alexandre Guérini, à la SMAE, à Philippe Rapezzi, dirigeant de droit de cette société, et à Alain Belviso, l'ancien président de l'agglomération du pays d'Aubagne, qui aurait à s'acquitter à lui seul, de 5% de cette somme (460.000 euros).

Quatre membres de la famille de l’ancien propriétaire du terrain Semaire ont réclamé 270.000 euros, pour compenser la perte d'un loyer après la préemption de leur terrain, et 40.000 euros de préjudice moral, pour les pressions subies pour les obliger à vendre, à Jean-Noël et Alexandre Guérini et la SMAE.

Une autre société, Somedis, vendue à une filiale de Véolia dans des conditions litigieuses avec l'intervention d'Alexandre Guérini, a réclamé 119.000 euros, Transparency 60.000 euros, Anticor 120.000 euros et deux sociétés lésées par des appels d'offres truqués, ISF environnement et Coved, 5 millions d'euros.

Les réquisitions sont attendues mercredi.

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