Procès du financement du FN: 500000 euros d'amende requis pour escroquerie

Le parquet de Paris a requis mercredi 27 novembre une amende de 500000 euros contre le FN dans l'affaire des kits de campagne des législatives de 2012, l'avocat de l'État réclamant quant à lui 11,6 millions d'euros de dommages et intérêts qui ont suscité la colère du parti frontiste.

Depuis le 6 novembre, le Front national ainsi que le micro-parti Jeanne, la société de communication Riwal et sept personnes physiques dont le trésorier du parti Wallerand de Saint-Just et l'eurodéputé Jean-François Jalkh comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris.

Au terme de plus de six heures d’un exposé très technique, le parquet a notamment requis 500 000 euros d’amende contre le Front national et des peines allant jusqu’à quatre ans de prison dont deux avec sursis contre les sept protagonistes, accusés d’avoir escroqué l’État en obtenant des remboursements indus de dépenses de campagne, principalement lors des législatives de 2012.

Un système complexe

Surfacturations, octroi de prêts fictifs via le tout aussi fictif micro-parti Jeanne, allers-retours comptables visant à donner une impression de légalité, c’est en résumé les « manœuvres » utilisées par les prévenus, selon le parquet, pour détourner les règles électorales et obtenir « frauduleusement » des remboursements de l’État.

Ce système complexe a été animé de concert par les accusés, une « véritable équipe où tous parlent d’une même voix » a souligné le procureur. Si le Front national est principalement poursuivi pour « complicité d’escroquerie », pour l’accusation, il a joué « un rôle de premier plan ». « Ce système, le FN l’a décidé, l’eurodéputé Jalkh l’a conçu, Jeanne l’a mis en œuvre et la société Riwal l’a exécuté » a résumé le procureur avant d’insister sur le rôle essentiel de Fréderic Chatillon, « élément incontournable » puisqu’à la fois proche de Marine Le Pen, dirigeant de Riwal et « gérant de fait » de Jeanne. Un homme accusé en outre de s’être enrichi personnellement.

« Un préjudice au détriment de l'État »

Contre lui, le parquet a fait sa plus lourde réquisition demandant quatre ans de prison dont deux avec sursis, 200 000 euros d’amende et interdiction définitive de gestion d’une entreprise. Contre l’eurodéputé Jalk, il a demandé deux ans de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et 50 000 euros d’amende.

Une amende de 500 000 euros a aussi été requise contre le Front national. Son trésorier Wallerand de Saint-Just risque 10 mois avec sursis, deux ans d’inéligibilité et cinq ans d’interdiction d’être trésorier.

La dissolution de Jeanne a également été requise et 200 000 euros d’amende pour Riwal. « Ce grave préjudice est au détriment de l’État, donc de personne en soi, mais en fait de nous tous ! » a insisté le procureur.