Procès Fillon: la défense plaide la relaxe et dénonce «une enquête folle»

Au dernier jour du procès pour des soupçons d’emplois fictifs de Penelope Fillon, la parole était à la défense. Les six avocats du couple Fillon et de Marc Joulaud, l'ancien suppléant de François Fillon, ont tous plaidé la relaxe.

Avec notre envoyée spéciale au tribunal de Paris, Laura Martel

L'après-midi a été essentiellement dédiée à la plaidoirie de l'avocat de François Fillon, 2h30 de plaidoyer durant lequel maître Antonin Lévy s'est montré tout aussi pugnace à défendre l’ex-Premier ministre que le parquet avait été féroce à l'accabler la veille dans son réquisitoire, réclamant cinq ans de prison, dont deux ferme.

Pendant une heure, Antonin Lévy, très en verve, s’en est d’abord pris à l’instruction. Pour lui, l’ordonnance de renvoi des juges n’est rien de plus qu’un « roman, un brûlot à charge ». Quant à l’enquête, « c’est une enquête folle », martèle-t-il, dénonçant des conditions de perquisitions jusqu’au choix supposé tendancieux des témoins.

Abordant le travail de Penelope Fillon, l’avocat ironise : « puisque tout est fictif, je devrais être bref ! » ; lance-t-il avant de longuement détailler les éléments qui, selon lui, montrent qu’elle collaborait aux discours, traitait le courrier et assurait un travail de représentation. « Les comices agricoles ou le Noël des anciens de la Sarthe peuvent paraître dérisoires au parquet, mais ces évènements méritent autant d’attention qu’un discours au perchoir », assène-t-il, avant d’ajouter : « Ce n’était donc pas un emploi fictif, ce qui clôt le débat ».

« Savoir si Mme Fillon a suffisamment travaillé en quantité comme en qualité » ne regarde pas la cour, plaide-t-il, au nom de la séparation des pouvoirs qui l’empêcherait de s’ingérer dans les tâches confiées à l’assistant parlementaire. Il s’emporte : « le parquet parle de menues tâches relevant du rôle social de l’épouse. C’est n’est même pas le XXe, mais le XIXe siècle, une vision complètement dépassée par laquelle on essaie de balayer les tâches effectuées par Penelope Fillon ».

Enfin, il conclut : « J’ai souvent entendu dire que vous ne pourriez que condamner, car sinon cela voudrait dire que l’élection aurait été confisquée aux Français. Mais je suis convaincu que vous jugerez en droit et, donc, relaxerez François Fillon ».

Le verdict du procès est attendu le 29 juin.