Procès Fillon en appel: son ancien suppléant justifie la poursuite du contrat de Penelope Fillon

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Marc Joulaud, ancien suppléant de François Fillon, à son arrivée à la cour d'appel de Paris le 22 novembre 2021 (AFP/Thomas COEX)
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C'était "la meilleure collaboratrice" possible. L'ancien suppléant de François Fillon, Marc Joulaud, a défendu mardi au procès en appel à Paris de l'ancien Premier ministre l'embauche de Penelope Fillon lorsqu'il est devenu à son tour député, en 2002.

"Ne connaissant pas la circonscription et n'étant pas connu des habitants, la meilleure collaboratrice c'était Penelope Fillon, qui arpentait la circonscription depuis 20 ans", a assuré Marc Joulaud, tout en reconnaissant qu'il n'était au départ "pas demandeur" de cette embauche, suggérée par François Fillon.

Collaborateur de longue date de François Fillon, Marc Joulaud est propulsé député à 34 ans, lorsque son mentor entre au gouvernement. Il signe alors un contrat avec Mme Fillon, dont la rémunération est portée à 5.300 euros nets, soit davantage que ce qu'elle touchait avec son mari.

Pendant deux heures, Marc Joulaud a repris la ligne de défense de l'ex-Premier ministre concernant la période 2002-2007, face à un président de la cour François Reygrobellet parfois agacé, l'invitant à s'éloigner de "la redite du point de vue" de ses coprévenus.

Celui qui a perdu la mairie de Sablé-sur-Sarthe en 2020 et est aujourd'hui, à 54 ans, "demandeur d'emploi", a cherché à convaincre de la réalité du travail de sa "collaboratrice principale", face à la cour qui a souligné le faible nombre de "pièces du dossier qui se rapportent à la période durant laquelle vous avez eu comme salariée Mme Fillon."

Le jugement de première instance observe qu'il a cité "peu de noms" d'élus que Mme Fillon lui aurait fait rencontrer? Il égrène cette fois une vingtaine de noms de responsables locaux.

Sa collaboratrice traitait essentiellement le courrier adressé à son mari ? "Dans l'esprit des habitants, le député c'est François Fillon", justifie-t-il. "En traitant le courrier adressé au député, elle travaillait pour la circonscription".

Sans notes, d'une voix où perce parfois la nervosité derrière son masque mal ajusté, il explique ne pas s'être ému de la rémunération de Penelope Fillon, qui absorbait l'essentiel de son crédit destiné aux collaborateurs: "considérant ses 20 ans d'expérience, son ancienneté, ses diplômes, c'était une rémunération qui correspondait à l'expertise qu'elle était capable d'apporter".

- Jugement "du XXe siècle" -

François Fillon, son épouse et Marc Joulaud sont rejugés jusqu'au 30 novembre pour des soupçons d'emplois "fictifs ou surévalués" de Penelope Fillon comme assistante parlementaire entre 1998 et 2013, rémunérés au total 612.000 euros nets.

En juin 2020, l'ancien locataire de Matignon a été condamné à cinq ans d'emprisonnement dont deux ferme et 375.000 euros d'amende. Penelope Fillon s'est vu infliger trois ans de prison avec sursis et 375.000 euros d'amende, son ex-suppléant, trois ans avec sursis et 20.000 euros d'amende avec sursis.

La cour d'appel a ensuite entendu deux témoins cités par la défense: le député LR du Val-de-Marne Gilles Carrez et l'ancienne membre du Conseil constitutionnel Noëlle Lenoir.

Le député de 73 ans a brièvement souligné l'importance du "collaborateur en circonscription" et jugé "tout à fait utile" que ce rôle puisse être occupé par un conjoint. "La réélection, elle se fait en circonscription. Si on n'est pas présent, si on n'a pas la confiance des habitants, on n'est pas réélu", a-t-il fait valoir.

Il a aussi expliqué avoir "gardé très peu d'archives" de ce travail de représentation sur le terrain.

Plus animé, le témoignage de l'avocate Noëlle Lenoir a oscillé entre débat de droit constitutionnel et dénonciation du sexisme contenu, selon elle, dans le premier jugement, qui estimait que les tâches accomplies par Penelope Fillon relevaient du "rôle social" d'une "conjointe d'homme politique" mais pas d'un travail de collaboratrice.

"Ma grand-mère, qui était avocate en 1908, aurait eu les cheveux qui se dressent sur la tête" à la lecture de ce jugement, digne "du début du XXe siècle et pas du XXIe siècle", s'est-elle indignée.

Si une femme travaille avec son conjoint, "il faut que ça soit professionnalisé, il faut que ça soit rémunéré. La femme n’est pas l'accessoire du mari", a ajouté Noëlle Lenoir.

En tant que déontologue de l'Assemblée nationale, entre 2012 et 2014, elle explique n'avoir "pas recommandé qu'on supprime la liberté du député" de choisir ses collaborateurs au sein de sa famille, jugeant que l'obligation de rendre ces emplois publics suffisait à éviter des abus.

L'audience reprend mercredi.

abb/cb/mpm

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