Procès de Donald Trump : accord in extremis sur la non-convocation de témoins

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Les démocrates et la défense de Donald Trump ont trouvé samedi un accord qui permet d'éviter la convocation de témoins et d'avancer dans le procès de Donald Trump, qui devrait ainsi aboutir à un verdict dans la journée. .

Un vote pour convoquer des témoins et finalement un accord pour l'éviter. Dans une journée déjà riche en rebondissements, les démocrates et la défense de Donald Trump ont trouvé samedi 13 février un accord qui permet d'éviter la convocation de témoins et d'avancer dans le procès de Donald Trump, qui devrait ainsi aboutir à un verdict dans la journée.

L'accord a été annoncé par les deux parties en séance publique au Sénat, qui juge depuis mardi l'ex-président républicain pour "incitation à l'insurrection".

Le chef des procureurs démocrates, Jamie Raskin, a entamé vers 13H00 (18H00 GMT) son réquisitoire, qui sera suivi par le plaidoyer des avocats du 45e président américain. Les deux parties disposent au maximum de deux heures chacune. Les sénateurs pourront ensuite se retirer pour délibérer, avant de passer au verdict.

Une journée riche en rebondissements

Plus tôt dans la journée, les procureurs démocrates avaient annoncé qu'ils voulaient entendre une élue républicaine, Jaime Herrera Beutler, ce qui aurait retardé la procédure.

Dans une séquence rapide, ce vote avait suivi l'annonce surprise par Jamie Raskin, le chef des élus démocrates qui portent l'accusation contre Donald Trump, qui voulait convoquer une parlementaire républicaine pour témoigner.

Cette annonce suivait elle-même la révélation que l'influent chef des sénateurs républicains, Mitch McConnell, comptait finalement voter pour acquitter Donald Trump, rendant quasi-certain l'acquittement du 45e président des États-Unis.

En ouverture du cinquième jour du procès de l'ex-président pour son rôle dans l'assaut du Capitole, Jamie Raskin a annoncé qu'il voulait convoquer la républicaine Jaime Herrera Beutler. Cette élue de la Chambre des représentants a rapporté un vif échange entre le chef des républicains à la Chambre, Kevin McCarthy, et Donald Trump survenu lors de l'attaque du 6 janvier.

"Ces gens sont plus en colère que vous à propos de l'élection"

Citant une conversation qui lui a été rapportée, Jaime Herrera Beutler a expliqué que Kevin McCarthy avait appelé le président républicain en plein assaut pour lui demander d'exhorter publiquement les émeutiers au calme. Donald Trump aurait alors affirmé avoir entendu que ces manifestants étaient en réalité des "antifa", un mouvement d'extrême gauche. Kevin McCarthy lui aurait répondu qu'il s'agissait bien de partisans pro-Trump.

"C'est alors que le président a déclaré : 'Eh bien, Kevin, j'imagine que ces gens sont plus en colère que vous à propos de l'élection'", écrit Jaime Herrera Beutler samedi dans un communiqué.

Sa déposition a donc finalement été lue en séance et versée au dossier pour éviter une rallonge du procès. Chaque partie doit maintenant exposer ses conclusions.

Les règles du procès sont favorables à Donald Trump. Il faudrait que 17 sénateurs républicains votent avec les 50 élus démocrates pour former la majorité qualifiée nécessaire pour le déclarer coupable, un verdict qui ouvrirait la voie à une peine d'inéligibilité. Pour le milliardaire, il s'agirait d'un deuxième acquittement en autant de procédures de destitution. Un cas unique dans l'histoire des États-Unis.

Avec AFP