Procès de Dino Scala: comment les enquêteurs ont démasqué le "violeur de la Sambre"

Dino Scala comparaît à la Cour d'Assises de Douai (Nord) du 10 juin au 1er juillet pour 56 viols et agressions sexuelles. - Capture BFMTV
Dino Scala comparaît à la Cour d'Assises de Douai (Nord) du 10 juin au 1er juillet pour 56 viols et agressions sexuelles. - Capture BFMTV

Il aura fallu que s'écoulent trente années avant que les enquêteurs parviennent à identifier le "violeur de la Sambre". Arrêté en 2018, Dino Scala comparaît à partir de ce vendredi et jusqu'au 1er juillet devant la Cour d'Assises de Douai, dans le Nord, accusé d'être l'auteur de 56 viols, tentatives de viols et agressions sexuelles dans la vallée de la Sambre.

"Il y a eu une succession de quatre chefs de groupe d'enquêteurs, ils s'y sont tous cassé les dents", raconte Romuald Muller, chef de la police judiciaire (PJ) de Lille, dans Le Figaro ce vendredi.

Alors que les premiers faits remontent à 1988, il faudra attendre dix ans pour que la PJ de Lille soit saisie de l'enquête. Avant cela, les plaintes ayant été déposées dans plusieurs commissariats, les investigations ne sont pas mutualisées, rendant impossible l'identification d'un seul et même auteur.

Des difficultés pour identifier l'auteur

À cela s'ajoute le fait que certaines victimes semblent incapables de fournir des renseignements sur l'apparence de leur agresseur. Et pour cause: Dino Scala s'en prenait à elles par derrière, parfois en leur masquant les yeux à l'aide d'un foulard.

"Certaines n'avaient aucun signalement, ni sur la taille, ni sur la corpulence, soit parce que l'agression s'était déroulée trop vite, soit parce que la victime était en état de choc et n'était pas en mesure d'en faire une description", précise Romuald Muller auprès de nos confrères.

Par ailleurs, si des prélèvements ADN sont effectués sur plusieurs des scènes de crime du "violeur de la Sambre", ils ne correspondent d'abord à aucune personne déjà enregistrée dans le fichier des enquêteurs, Dino Scala n'ayant pas d'antécédent judiciaire.

"C'est l'un des éléments qui ont ralenti son interpellation", confirme le chef de la PJ de Lille.

Retrouvé grâce à des images de vidéosurveillance

Dans les colonnes du Figaro, ce dernier revient justement sur ce mois de février 2018, lorsque Dino Scala a été identifié. Le 5 février, les enquêteurs belges signalent qu'une jeune femme a été agressée à Erquelinnes en Belgique, selon le mode opératoire du "violeur de la Sambre".

Grâce aux images de vidéosurveillance, qui montrent un homme stationnant son véhicule près du lieu de l'agression et au moment des faits, l'enquête connaît une avancée considérable.

"Une vingtaine de fonctionnaires ont quadrillé le secteur d'Erquelinnes en escargot [...]. Ce travail de fourmis nous a permis de retrouver le véhicule, d'identifier le lieu de travail de son utilisateur, puis de l'interpeller à la sortie de son domicile, le 26 février", poursuit Romuald Muller.

Des défaillances dans l'enquête?

Alors que plusieurs avocats dénoncent ce délai de 30 ans, qui a donné la sensation d'avoir été négligées à certaines victimes, le chef de la PJ de Lille défend ce vendredi le travail des enquêteurs.

"Pour parler de défaillance, encore faudrait-il pouvoir trouver une faille, une vérification que nous n'aurions pas faite, un individu que n'aurions pas auditionné", rétorque-t-il.

Lors de sa garde à vue, Dino Scala a reconnu avoir commis une quarantaine de viols et agressions sexuelles. Pour le reste, il dément en être l'auteur ou s'en souvenir. Un élément sur lequel va jouer sa défense au cours de son procès.

Article original publié sur BFMTV.com

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