Procès de dignitaires syriens à Paris: le régime de Bachar el-Assad sur le grill

Le procès de trois dignitaires du régime de Bachar el-Assad s'est ouvert ce mardi 21 mai devant la cour d'assises de Paris. Trois cadres des services du renseignement syrien sont jugés en leur absence pour complicité de crimes contre l'humanité, en raison de leur rôle présumé dans l'arrestation arbitraire, la torture et la mort d'un père et de son fils franco-syriens, Mazzen et Patrick Dabbagh. Un sort partagé par des milliers de personnes depuis le début de la guerre civile en 2011.

Compte rendu d'audience, Laura Martel

Sur la gauche, un box vide et aucune robe noire : les accusés n'ont pas mandaté d'avocat pour les représenter. Sur l'estrade, les fauteuils de la cour sont également clairsemés, car en l'absence des mis en cause, les trois magistrats siègent sans juré populaire. La salle, elle, est pleine : public, chercheurs, journalistes se serrent derrière les parties civiles.

Obeida Dabbagh, frère et oncle des victimes, est là. « Évidemment, les accusés n'allaient pas venir se jeter dans la gueule du loup, mais j'aurais aimé qu'on puisse au moins se confronter à la défense de leurs avocats » déplore-t-il, anxieux mais soulagé que ce procès, « un combat de dix ans », se tienne.

Le régime ne veut pas apparaitre pour ne pas crédibiliser ce processus judiciaire, mais ils ont forcément des oreilles dans la salle.

Comme Mazen et Patrick Dabbagh, « des centaines de milliers de Syriens ont expérimenté la détention, sans doute 15 000 y sont morts » rappelle-t-il.

« L'objectif est de briser les familles »


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