Procès de deux Canadiens en Chine: un moyen de pression pour Pékin dans l'affaire Huawei

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Deux Canadiens accusés d’espionnage par Pékin passent devant les juges en Chine. Les deux hommes ont passé près de deux ans en détention au secret. L’audience de Michael Spavor a eu lieu ce vendredi devant un tribunal de Dandong dans le nord-est de la Chine. Celle de Michael Kovrig aura lieu lundi à Pékin. Des procès qui coïncident avec la rencontre des diplomaties américaines et chinoises à Anchorage, ce qui n’a rien d’une coïncidence.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Les diplomates occidentaux et les journalistes qui ont fait le déplacement à Dandong n’ont pas pu accéder au tribunal ce vendredi 19 mars. Après deux heures de jugement à huis clos, il n'y a pas eu de verdict à l'encontre de Michael Spavor. Le délibéré sera rendu plus tard, a fait savoir la cour sans donner plus de précisions.

Cette audience dans la ville frontière avec la Corée du Nord non loin de là où vivait le prévenu se tient le jour même où Américains et Chinois se revoient en Alaska. Après deux ans d’attente, dont neuf mois sans quasi aucun contact en raison de la lutte contre la Covid-19, les deux Canadiens pourront peut-être bientôt sortir de ce que certains observateurs d’occidentaux qualifient de prise d’otage, comme l’espèrent leurs proches et les diplomates canadiens.

Arrêtés il y a deux ans, suite à l’interpellation de Meng Wanzhou au Canada dans le cadre d’une procédure d’extradition vers les États-Unis, les « deux Michael » n’ont pas bénéficié des mêmes conditions que l’héritière de Huawei. À cette longue détention s’ajoute l’absence de transparence dans la procédure, selon les avocats.

À la veille du procès, la diplomatie chinoise a répété que ces affaires n’avaient aucun lien avec la dirigeante de Huawei ou la rencontre d’Anchorage. Le numéro deux de l’ambassade du Canada en Chine cité par l’AFP, dit avoir « bon espoir que ce procès, dans une certaine mesure, puisse amener à leur libération immédiate. » Mais rien n’est joué.

Pour l’ancien ambassadeur du Canada en Chine, Guy Saint-Jacques, avec ces audiences judiciaires Pékin envoie aussi un message à Anchorage : si vous voulez que les Canadiens sortent, ramenez Meng Wangzhou en Chine.