Procès de la collision de Millas : la conductrice condamnée à de la prison

Le procureur de la République avait requis une peine de cinq ans d’emprisonnement à l’égard de la conductrice du car, dont quatre avec sursis probatoire.
RAYMOND ROIG / AFP Le procureur de la République avait requis une peine de cinq ans d’emprisonnement à l’égard de la conductrice du car, dont quatre avec sursis probatoire.

JUSTICE - Cinq ans après la collision d’un car avec un TER qui a coûté la vie à six enfants à Millas en 2017, la justice a tranché. La conductrice du véhicule scolaire a été condamnée par le tribunal correctionnel de Marseille à 5 ans de prison dont quatre avec sursis simple. Une peine conforme aux réquisitions du procureur, qui réclamait également une obligation de soins et une indemnisation des victimes.

« Ce délibéré ne rendra pas aux parents leurs enfants morts, il ne réparera les blessures des enfants blessés », a annoncé en préambule, Céline Ballerini, la présidente du tribunal correctionnel de Marseille. Mais « aujourd’hui, le temps est celui de la vérité judiciaire », a-t-elle ajouté, précisant que les rapports des autorités judiciaires n’avaient pas été écartés pour le jugement, comme le souhaitait la défense.

Si la conductrice, Nadine Oliveira, « doit être reconnue coupable des faits reprochés », le tribunal correctionnel de Marseille a jugé qu’elle avait commis une faute d’inattention et « qu’il s’agit de faits involontaires ».

Six enfants sont morts dans cet accident survenu en 2017 à un passage à niveau à Millas, après la collision entre un bus scolaire et un TER, dans les Pyrénées-Orientales. 17 autres avaient été blessés, dont huit grièvement. La conductrice, soutient que les barrières de sécurité étaient ouvertes au moment de son passage, malgré les expertises et le témoignage d’une jeune fille assise à l’avant du car. Ce vendredi, le tribunal a jugé que le passage à niveau ne présentait aucun dysfonctionnement.

Une forme de déni chez la conductrice

Jeudi 22 septembre, quatre jours à peine après l’ouverture de son procès pour homicides et blessures involontaires, Nadine Oliveira, 53 ans, avait été comme « foudroyée », selon les mots de l’un de ses avocats. Prise d’une crise de larmes irrépressible, elle avait fini par être évacuée par les marins-pompiers. Absente des deux dernières semaines de son procès, elle a d’abord été admise en cardiologie, avant de rejoindre un hôpital psychiatrique de Marseille.

En plus des cinq ans d’emprisonnement, le procureur de la République avait également demandé l’annulation de ses permis de conduire de tourisme et de transport de passagers, ainsi qu’une interdiction définitive d’exercer une activité professionnelle en lien avec des enfants. Car pour le représentant du ministère public, cette « tragédie » est bien le résultat d’une « faute » de la conductrice, due à son inattention et son imprudence.

De nombreuses parties civiles ont vu, elles, une forme de déni chez la conductrice : « il ne s’agit pas de contester la souffrance de Mme Oliveira, mais on aurait souhaité que (cette souffrance) ne soit pas portée comme un étendard de son innocence mais comme la reconnaissance de sa responsabilité », avait ainsi plaidé Me Marie Mescam, représentante des familles d’une enfant décédée et de sept rescapés.

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