Procès Bygmalion: Jean-François Copé renvoie la balle sur ses anciens collaborateurs

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Simple témoin, mais très attendu. Au procès sur les dépenses excessives de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, Jean-François Copé a répété ce mercredi devant le tribunal qu'il avait été strictement tenu à l'écart du scandale Bygmalion.

Costume anthracite, chemise claire, c'est un Jean-François Copé sûr de lui, presque détendu, qui se présente devant le tribunal. D'entrée de jeu, l'ancien patron de l'UMP pose les bases de sa ligne de défense. « J'ai toujours eu une conception très collective du management », lâche-t-il avec malice. Puis il reprend : « Il y a une séparation très stricte entre la fonction de secrétaire général et celle de trésorier ».

Contrairement à l'ex-président Nicolas Sarkozy jugé pour « financement illégal de campagne » et 13 autres prévenus – anciens cadres de l'UMP et de Bygmalion notamment – Jean-François Copé a bénéficié d'un non-lieu dans cette affaire.

L'ancien patron de l'UMP a toujours affirmé avoir appris en mai 2014 seulement, et dans la presse, la mise en place d'un système de fausses factures pour faire payer à l'UMP des factures de la campagne du candidat Sarkozy, afin d'éviter l'explosion du plafond de dépenses autorisées. Face au tribunal, il ne varie pas d'un iota dans ses explications.

S'il est là, affirme-t-il, c'est seulement pour rétablir la vérité, rapporte notre envoyé spécial, Pierre Olivier. Celle d'un homme à qui l'on a caché que le parti qu'il dirigeait finançait à hauteur de 20 millions et de manière illégale la campagne de son président candidat Nicolas Sarkozy.

Aucune raison de se méfier

Au détour d'une phrase, Jean-François Copé l'égratigne, racontant comment toute la lumière devait briller sur lui lors des meetings. Les meetings, justement, il en est beaucoup question lors de cette audition. Comment le secrétaire général du parti du candidat Sarkozy pouvait-il ignorer l'envolée des dépenses et le déficit abyssal de l'UMP ?

Jean-François Copé l'assure : s'il a bien signé les ordres de prêt, il n'avait aucune raison de se méfier de ses collaborateurs. Il paraphait, explique-t-il, là où on lui disait de signer, sans se replonger dans l'ensemble des dossiers. Selon lui, la faute est à chercher du côté du trésorier du parti, des experts-comptables ou des commissaires aux comptes.

L'ancien patron de l'UMP se place même en « Père la rigueur » et lance à la cour : « Si j'avais été informé un seul instant de ces transactions, j'aurais tout de suite dit que je ne l'acceptais pas. » Mais à la question « qui était le donneur d'ordre de ces fausses factures ? », Jean-François Copé botte en touche : « Je serais bien incapable de vous répondre ».