Procès de Benjamin Mendy: le procureur pointe des "prédateurs", l'avocate de Mendy plaide le doute

Benjamin Mendy au tribunal de Chester, le 17 novembre 2022 - Oli SCARFF / AFP
Benjamin Mendy au tribunal de Chester, le 17 novembre 2022 - Oli SCARFF / AFP

Au procès de Benjamin Mendy et de Louis S. Matturie, le temps de la plaidoirie et du réquisitoire s'est ouvert. Jeudi au tribunal de Chester, le procureur Timothy Cray a d'abord pris la parole sans énoncer de jugement espéré. En s'adressant aux membres du jury, le représentant du ministère public a notamment joué la carte de l'émotion, en leur demandant de penser à leurs proches qui pourraient se retrouver dans la situation de ces nombreuses jeunes femmes qui portent les accusations de viols et d'agressions sexuelles. Mais au bout du compte, il a surtout estimé que les auditions et les éléments matériels avaient montré que les deux hommes étaient des "prédateurs".

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"Les accusés avaient la présomption arrogante que si vous êtes à une fête, vous êtes bon pour le sexe", a fustigé le procureur, soulignant par ailleurs que Benjamin Mendy a reconnu avoir dû se retrouver en prison pour réaliser qu'il avait "des problèmes".

"Tout se résume à une question factuelle, a aussi dit le procureur, selon la retranscription du Manchester Evening News. Est-ce que je pense que la femme qui a témoigner devant ce tribunal me dit la vérité à propos d'elle et de l'accusé qu'elle met en cause ? Plus précisément, êtes-vous sûr que les plaignantes vous ont dit de leurs différentes manières qu'elles ne voulaient pas avoir de relations sexuelles avec l'accusé ? Qu'elles disaient la vérité ?" Il a par ailleurs été précisé que le classement sans suite prononcé pour les accusations de la plaignante n°7 ne devaient pas avoir d'influence sur le reste du dossier.

"La réalité est que c'est une parole contre une autre"

Au contraire, selon Eleanor Laws. Dans sa plaidoirie contre un "tribunal de la morale", l'avocate de Benjamin Mendy a insisté sur la notion de doute qui profite à l'accusé. Selon elle, alors que personne ne nie l'existence de relations sexuelles et que le procès porte sur le consentement des plaignantes, les témoignages et les preuves apportées ne suffisent pas. "La réalité est que c'est une parole contre une autre. (...) Ce sont des femmes adultes qui ont fait des choix d'adultes dans la vie réelle", a-t-elle ajouté. Un propos qui repose notamment sur le fait qu'aucune des femmes n'a cherché à fuir la "panic room" qui, selon Benjamin Mendy, s'ouvrait comme une pièce normale de l'intérieur malgré l'utilisation d'un code pour y entrer.

"La réalité est que les gens font des allégations fausses comme [la plaignante n°7] l'a fait et ils les font d'une manière vraiment convaincante", a déploré Eleanor Laws, mettant en garde les jurés contre le "mythe" et le "stéréotype" qui voudrait qu'une femme ne pusise pas mentir à la barre. Aussi, la défense a insisté sur la nécessité de ne pas juger le mode de vie aux "aspects déplaisants" du footballeur, qui aime faire la fête en toutes circonstances et avoir de nombreuses relations sexuelles.

Benjamin Mendy, qui nie en bloc, est accusé par six femmes de viols, tentative de viol et agression sexuelle entre octobre 2018 et août 2021. Louis Saha Matturie (sans lien avec l'ancien footballeur français) est accusé par sept femmes de viols et agressions sexuelles.

Article original publié sur BFMTV.com