Procès Benalla: l'ancien collaborateur de l'Élysée condamné à trois ans de prison dont un ferme

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Après trois semaines de procès en septembre dernier, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement concernant Alexandre Benalla, jugé pour les violences du 1er-Mai mais aussi l'utilisation frauduleuse de ses passeports diplomatiques.

"Je ne suis pas un ange, je ne fais pas les choses dans les règles (...) est-ce que ça fait de moi un délinquant?". C'est à cette question que le tribunal correctionnel a répondu en condamnant Alexandre Benalla, jugé pour 12 infractions.

L'ancien chargé de mission au cabinet d'Emmanuel Macron a été condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis. La peine ferme sera exécutée à domicile. Alexandre Benalla est également condamné à 500 euros d'amende, a l'interdiction d’exercer toute fonction publique pendant 5 ans et se voit confisquer des armes dont il est le propriétaire.

En parallèle de cette condamnation Maxence Creusat et Laurent Simonin, deux anctions fonctionnaires de la préfecture de police de Paris, ont étés respectivement condamnés à 5000 euros d’amende et à 3 mois de prison avec sursis. Vincent Crase, ancien agent de sécurité d'En Marche et proche d'Alexandra Benalla, est pour sa part condamné à deux ans de prison avec sursis.

Erreur de discernement, comme le plaide la défense, ou faute pénale, comme l'a estimé le parquet, pendant trois semaines en septembre, le tribunal a examiné un par un les faits qui lui sont reprochés à commencer par les violences au Jardin des Plantes puis place de la Contrescarpe le 1er mai 2018. Tout au long des débats, Alexandre Benalla s'est défendu assurant avoir eu "un réflexe citoyen". Il rejette avoir porté des "coups volontaires" mais a parlé de "gestes techniques ratés".

"D'avoir arrêté des personnes qui venaient d'agresser des policiers, ça me paraissait quelque chose de normal, a-t-il plaidé à la barre. En général je trouve que ce que j'ai fait était légitime." Il avait alors cité les articles 53 et 73 du code de procédure pénale qui autorisent tout citoyen à interpeller l'auteur d'un délit afin de le remettre aux autorités.

"J'ai été réglo"

Concernant l'utilisation frauduleuse de ses passeports diplomatiques après son licenciement de l'Elysée, là encore l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron a plaidé la bonne foi. "J'ai été réglo, loyal, honnête!", s'est-il défendu. Reconnaissant une "bêtise" lorsqu'il a utilisé ses passeports, il assure que "dans mon état d'esprit, ça ne me paraît pas illégal parce que pendant 10 ans, j'ai vu des hommes politiques" le faire. "Je n'usurpe aucune fonction en l'utilisant, ça ne m'apporte que le 'fast track' (coupe-file, NDLR)", avait-il ajouté.

En revanche, il s'était défendu d'avoir utilisé, avant son licenciement, un faux pour obtenir le renouvellement de ces titres, à savoir une note à en-tête du chef de cabinet de la présidence, sans la signature de ce dernier mais avec la mention "original signé". Alexandre Benalla a expliqué avoir "copié bêtement" un "modèle" qu'on lui a transmis, puis avoir déposé le document "dans un parapheur" dans le bureau vide du chef de cabinet. Il n'a jamais eu de retour avant d'obtenir le document, jure-t-il. 

"Il n'y a pas d'intention frauduleuse", "j'ai fait les choses dans les règles".

Une intervention le 1er-Mai "illégitime"

Les démonstrations d'Alexandre Benalla n'avaient pas convaincu le parquet alors que le procureur avait requis 18 mois de prison avec sursis et 500 euros d'amende. Il avait jugé que le comportement du chargé de mission de l'Elysée et de son comparse Vincent Crase, alors simples observateurs, n'était en rien "légitime". "C'est l'Etat, la puissance publique, dont l'émanation est la police, qui détient l'usage de la force", avait rappelé le représentant du ministère public.

Dépeignant Alexandre Benalla en "Janus" - d'un côté, "ce professionnel reconnu et compétent", de l'autre, un jeune "sans filtre, qui sera rattrapé par son tempérament".

Le parquet a estimé qu'Alexandre Benalla devait aussi être reconnu coupable d'avoir utilisé, après son licenciement, deux passeports diplomatiques lors de onze voyages, en Afrique, au Maroc ou aux Bahamas et d'avoir réalisé un faux document afin d'obtenir un autre passeport, de service cette fois. Il doit en outre être sanctionné pour avoir porté une arme sans autorisation le 28 avril 2017 à Poitiers après un meeting de campagne du candidat Macron, ont estimé les procureurs.

Article original publié sur BFMTV.com

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