Procès Barbarin: pas de condamnation requise en appel contre le cardinal

Aucune condamnation n'a été requise ce vendredi 29 novembre contre le cardinal français Philippe Barbarin, jugé en appel à Lyon pour ne pas avoir dénoncé les abus sexuels d'un prêtre du diocèse.

« Je suis soulagé, je m'en remets à la décision de la justice. Et je veux dire aux victimes que je (ne) pense qu'à elles », a réagi le cardinal Philippe Barbarin à la sortie de la salle d'audience où il était jugé en appel pour non-dénonciation d'abus sexuels. La cour rendra son arrêt le 30 janvier.

En première instance déjà, le ministère public avait suggéré de relaxer le Primat des Gaules, plus haut dignitaire catholique de France. Mais le tribunal correctionnel l'avait condamné, le 7 mars, pour ne pas avoir dénoncé les agressions commises sur des scouts, avant 1991, par un prêtre, le père Bernard Preynat. Cette décision retentissante s'était propagée jusqu'au Vatican, qui avait refusé la démission du cardinal Barbarin, dans l'attente de son procès en appel.

Comme les juges, l'avocat général a retenu la prescription des faits datant de 2010, quand Preynat avait avoué ses agissements au cardinal et qu'il n'avait rien dit. Mais à la différence du tribunal qui avait condamné Mgr Barbarin pour ne pas avoir dénoncé les faits de 2014, quand une victime, cette fois, l'avait informé des agissements de Preynat, le magistrat a estimé que l'archevêque n'avait pas eu, alors, la volonté d'entraver la justice.

Aux yeux des juges de première instance, le cardinal avait voulu « préserver l'institution » et éviter le scandale public, comme le lui enjoignait Rome. L'avocat général s'est refusé à lui reprocher de ne pas avoir dénoncé des faits vieux de trente ans : il y voit une « conception extensive » du droit qui « fait courir le risque d'ajouter de l'injustice à l'injustice ». « La justice évite la recherche du symbole », a-t-il argué.

« Il y a des faits qui sont caractérisés et cela a déjà été souligné par la condamnation en première instance », a commenté à l'issue du réquisitoire François Devaux, cofondateur de l'association de victimes La Parole libérée qui porte la procédure. À ses yeux, le ministère public, qui avait classé sans suite une première enquête en 2016, n'est « pas à la hauteur ».

Pour la défense au contraire, « à aucun moment le cardinal ne s'est rendu coupable de la moindre infraction », concédant seulement des « erreurs » et « maladresses » dans la gestion du cas Preynat.

(Avec AFP)