Procès du «bébé du coffre» : «Serena est condamnée à vie»

Louise Colcombet, envoyée spéciale à Tulle (Correze)
La maison de Brignac-la-Plaine où habitait la famille de Serena

« Ce qui n’a pas de nom n’existe pas ». Alors elle le martèle, ce nom : Serena. En faisant sienne cette citation, devant la cour d’assises de la Corrèze, pétrifiée depuis une semaine par l’examen de cette histoire hors-norme, Me Isabelle Faure-Roche a fait exister, jeudi, cette petite fille aux yeux des jurés. Non pas cette « chose », terme employé par l’accusée Rosa-Maria Da Cruz, sa mère jugée depuis lundi, non pas ce « bébé du coffre », tel que l’a surnommée la presse, mais bien cette petite fille, marquée à jamais du sceau des maltraitances infligées dans ses vingt-trois premiers mois, passés dans la puanteur d’un coffre de voiture et, parfois, dans une chambrette au sous-sol du pavillon familial de Brignac-la-Plaine. « Celle qui est au cœur de ce dossier, c’est Serena. Celle pour laquelle nous sommes là, c’est Serena », a plaidé l’avocate du conseil départemental, qui depuis sa découverte en 2013, a la charge de cette petite au titre de la protection de l’enfance.

 De cette fillette désormais âgée de sept ans et trop « fracassée » pour pouvoir venir à l’audience, les jurés ont eu à entendre, et à voir, un terrible diagnostic. « On ne rencontre pas Serena, on la voit », avait résumé l’avocate en début d’audience, après l’avoir visitée dans sa famille d’accueil. Souffrant de « troubles envahissants du comportement » et de « traits autistiques » jugés irréversibles - et qui ont eu pour conséquence la criminalisation de l’affaire - la fillette ne parle pas, ne socialise pas, n’est que très partiellement scolarisée. « Serena n’existe que par sa relation avec son assistante familiale : elle la touche en permanence et doit rester dix minutes dans ses bras avant de pouvoir entrer en classe. Hors de son cocon, tout s’arrête », avait détaillé Me (...)

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