Procès des attentats du 13-Novembre: où en est la menace terroriste en France?

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Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a réhaussé le niveau de vigilance pour la durée du procès des attentats du 13-Novembre qui s'ouvre ce mercredi à Paris.

"Le risque zéro n'existe pas". Une formule employée à maintes reprise par François Hollande ainsi que par Emmanuel Macron pour évoquer la menace terroriste en France. Une menace qui n'a jamais cessé de planer depuis les attentats de 2015 et de 2016.

"La menace terroriste en France est particulièrement élevée", a de nouveau affirmé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ce matin au micro de France Inter.

Alors que le procès historique des attentats du 13-Novembre s'ouvre ce mercredi au palais de justice de Paris, un constat s'impose : si la France continue d'être touchée par des attaques, le mode d'action des terroristes a évolué. 

De nouveaux attentats de grande ampleur peu envisageables

"La menace terroriste subsiste", rappelle aussi pour BFMTV Pierre Conesa. Une réalité donc, mais quelle ampleur ? Cet ancien haut-fonctionnaire ayant travaillé au ministère de la Défense se réfère pour cela à deux indicateurs : les attentats commis et ceux déjoués, "et on s'aperçoit que la disproportion est très forte".

En précision, le locataire de Beauvau a indiqué ce mercredi matin que 36 attentats avaient été déjoués et que 14 étaient survenus depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron. Des attaques avortées et de moins en moins organisées du fait notamment du déclin du groupe État islamique, premier revendicateur de ces attentats. 

"À partir du moment où l'État islamique a perdu de son emprise territoriale, le scénario des grands attentats de novembre 2015, autrement dit des équipes constituées sur place et arrivant en France au milieu de réfugiés, n'est plus possible", poursuit Pierre Conesa.

François Molins ne partage pas cette analyse. L'ancien procureur de la République de Paris estime chez nos confrères de Brut qu'"on ne peut pas dire qu'ils ne sont pas possibles".

"Par contre, clairement, on voit bien que l'Etat islamique n'a clairement pas aujourd'hui la capacité de projeter des terroristes de l'extérieur pour venir commettre des attentats comme ça chez nous", poursuit le magistrat, "c'est sûr qu'ils n'ont plus les moyens qu'ils avaient en novembre 2015".

Une menace de l'intérieur

La déroute depuis plusieurs années de l'État islamique explique ces attaques terroristes à moindre échelle en France, en partie du moins. La création d'un parquet national antiterroriste il y a deux ans et le déploiement de l'opération Sentinelle par l'armée française sont autant de moyens mis à la disposition des autorités pour prévenir de nouvelles menaces extérieures. 

Reste que le terrorisme de ces dernières années n'est plus tout à fait le même en ce sens qu'il s'agit désormais d'actes le plus souvent isolés et réalisés par des personnes se trouvant déjà sur le territoire national comme le montre l'attentat du 14 juillet 2016 où un Tunisien conduisant un poids lourd sur la promenade des Anglais a fait 86 morts. 

Les attentats ne se sont pas arrêtés depuis. Attaques à Carcassonne et à Trèbes en 2018, attentat du marché de Strasbourg la même année, attaque de la basilique Notre-Dame-de-l'Assemption et Nice en 2020, meurtre d'une agente administrative à Rambouillet en 2021... La liste est loin d'être exhaustive mais ces attaques, du fait le plus souvent d'un seul homme et conduites en ordre dispersé, n'en restent pas moins meurtrières. 

"Ce terrorisme exporté a laissé la place à un terrorisme endogène c'est à dire de personnes de la communauté française qui se sont radicalisées ici et qui vont commettre des attentats de façon moins organisée et moins meurtrière", explique Pierre Conesa.

Aussi la crise afghane et la mise sous surveillance de plusieurs réfugiés Afghans laisse craindre un nouveau risque terroriste par le retour au pouvoir des talibans. Le retour de la menace extérieure? 

"L'Afghanistan n'est pas la Syrie", a assuré Gérald Darmanin qui estime que la situation entre les deux pays était "peu comparable".

Des procès d'attentats sous haute protection

Une situation différente de par l'ampleur des attaques et de leur procédé, même si parfois celles-ci surviennent dans un contexte particulier. Lors de l'ouverture du procès des attentats de janvier 2015, un homme s'en prend à deux personnes près des anciens locaux de Charlie Hebdo. Quelques semaines plus tard c'est Samuel Paty, enseignant en histoire-géographie, qui est tué par un terroriste après avoir montré des caricatures de l'hebdomadaire satirique.

Dans un télégramme adressé lundi aux préfets de police de Paris et des Bouches-du-Rhône, ainsi qu'aux préfets des zones de défense de métropole et d'outre-mer, Gérald Darmanin a demandé "un haut niveau de vigilance", notamment autour des lieux classés sensibles tout au long du procès. Pour preuve: le ministre a indiqué qu'"à peu près" un millier de policiers seront mobilisés pendant les neuf mois du procès. Une vigilance "collective" et "totale tant à l'égard de la menace endogène qu'exogène".

Article original publié sur BFMTV.com

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