Procès du 13-Novembre: les mots forts d'Alice et Aristide, victimes de l'attaque du Petit Cambodge

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Au procès du 13-Novembre, les auditions des rescapés et proches de victimes des attaques qui ont visé les terrasses parisiennes se sont poursuivies ce jeudi 30 septembre. La cour a notamment entendu Alice, puis Aristide, frère et sœur âgés de 23 et 26 ans à l’époque. Blessés dans le mitraillage de l'établissement Le Petit Cambodge, ils ont livré un témoignage aussi terrible sur le drame que lumineux dans leur approche pour le surmonter.

Avec notre envoyée spéciale, Laura Martel

Elle est acrobate. « Je fais rêver les gens en prenant appui sur mes mains », dit-elle. Quant à lui, il est rugbyman professionnel. Toute à la joie de retrouver ce frère qu’elle voit peu, Alice prend les premiers tirs pour des pétards, au soir du 13 novembre 2015. « Le temps de tourner la tête, Aristide m’avait plaquée au sol », confie-t-elle.

Car son frère a vu la kalachnikov. « Dix-sept ans d’entraînement m’ont permis de réagir », explique-t-il. « Aristide m’a sauvé deux fois, en me plaquant et en plaçant son corps entre moi et les balles », souffle Alice. « Si je suis en vie, c’est grâce à ma sœur qui a déployé une énergie incroyable pour me maintenir du bon côté », répond-il en écho.

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Les séquelles psychologiques sont dévastatrices. Leur corps, leur outil de travail, est détruit. Touché trois fois, Aristide frôle la mort. Quant à Alice, elle est gravement atteinte au bras. C’est en mettant toute leur énergie pour reconquérir ce corps, qu’ils vont tenter de dépasser le traumatisme, confient-ils à l'audience du procès ce jeudi.

Alice est toujours acrobate, même si elle a dû apprendre à « voler autrement ». Et contre toutes attentes, Aristide a lui-même retrouvé les terrains, mais « trop vite ». Puis il s’est finalement reconverti. Avec la même voix douce, la même lumière, ils évoquent leur choix : « On s’est battu pour garder de l’amour, de la joie, de la vie », lance Alice.

« Nous étions conscients de notre chance d’être vivants », ajoute-t-elle. « J’ai choisi de rester positif sans tomber dans la colère ou la haine, car c’est dans cet effort de paix qu’on peut faire quelque chose », renchérit Aristide, clamant sa confiance en ce procès historique, organisé près de six ans après les faits.

Aristide, victime des attentats du 13-Novembre

Ces attaques sont pour moi le point culminant d’une histoire de violence et de tristesse héritées, perpétuées. Je suis persuadé que la justice est la réponse pour créer une base sur laquelle avancer.

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