Procès du 13-Novembre: quelques messages et une bouteille à la mer

Les plaidoiries des avocats des parties civiles se poursuivent, au procès des attentats du 13 novembre 2015, à Paris. L'occasion d'adresser des messages à leurs clients, à la cour, ainsi qu'aux accusés. Ou d'envoyer des bouteilles à la mer. Compte rendu de l'audience du vendredi 3 juin 2022.

De notre envoyé spécial au palais de justice de Paris,

Il y eut d'abord l'avocate de Neïma, cette jeune fille qui était venue raconter à la barre l'horreur du Bataclan, alors qu'elle n'avait que 16 ans. Elle avait raconté que telle une funambule, elle tenait sur un fil, soutenu par deux géants, sa force et sa joie.

Après avoir déposé, elle pensait aller mieux, raconte son avocate, mais elle a rechuté. Alors, elle s'adresse à elle.

Rappelle-toi, tu nous l'avais dit à la barre, parfois le fil lâche. C'est normal. Mais tu disposes des outils, des ressources et d'une force qui vont te permettre d'avancer. Oui, il y a des moments de turbulence, mais les fondations sont là et je n'ai aucun doute sur ta capacité à rebondir.

Me Mariana de Sevin s'adresse, elle aussi, à ses clientes : Flora et Léonor Sauvage, sœurs jumelles sorties indemnes des massacres des terrasses parisiennes.

Elles font partie de la cohorte des silencieux, des invisibles. Méfiez-vous de leur silence, qui n'est que l’expression de leur dignité face à ceux qui ont souffert plus qu'elles. Trop honteuses de s'asseoir à côté de ceux qui ont perdu un être cher, ou sont handicapés à vie.

À la fin de ma plaidoirie, vous allez probablement oublier leur nom. Mais peu importe, l'important, c'est qu'elles sachent qu'elles ont leur place dans ce procès.


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