Procès du 13-Novembre : Marie-Amélie Dalloz, psychologue et partie civile, se confie sur Salah Abdeslam

© Sipa

« Je suis partie civile dans le procès du 13 novembre, car cette tuerie a touché de plein fouet ma famille. J’ai perdu ma sœur, mon beau-frère et trois amis qui étaient réunis à la terrasse de La Belle Équipe ce soir-là. J’appréhendais l’arrivée de ce procès autant que je l’attendais. Mon témoignage a été un moment fort. Je me suis rendue à la barre le 5 octobre avec mon neveu aujourd’hui orphelin de mère. Cette journée a été importante pour moi, ma famille, mes proches. Ensuite, je me suis aperçue que je me rendais au Palais de justice de Paris dès que possible, comme si j’avais été aimantée. Ma place était, et demeure encore dans cette salle, en tant que sœur de Marie-Aimée, et aussi en tant que psychologue clinicienne.

Un jour, en sortant du Palais, mon neveu m’a dit : "Ce n’était pas intéressant aujourd’hui." Et moi de lui répondre : "Si, c’est justement ça qui est intéressant !". Petit à petit, en écoutant le discours des accusés, j‘ai pris la dimension de leur vide affectif et intellectuel. Leur pensée se révèle peu construite. Leur point commun est que leur enfance "était formidable", leurs parents "supers". Ils sont décrits par leur famille comme "trop gentils", "naïfs". Il m’est arrivé de bouillonner de colère sur mon banc. Je me disais que les expertises psychologiques allaient m’éclairer. Que l’enfance, les dynamiques familiales allaient être explorées. J’étais prise dans mon désir de compréhension par la recherche du mal. Où se logeait-il ? Les personnalités d...


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