Procès du 13-Novembre: l'avocat de Salah Abdeslam appelle à ne pas "surréagir à chacune de ses déclarations"

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Dès l'ouverture du procès, le principal accusé s'est fait remarquer par ses prises de paroles vindicatives, heurtant parfois les parties civiles.

"Ce procès ne doit pas être transformé en un buzz permanent." Les premiers jours du procès des attentats du 13-Novembre ont été marqués par les vitupérations inattendues de Salah Abdeslam, unique survivant des commandos de l'Etat islamique qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés en 2015 à Paris et Saint-Denis. En tout début d'audience, alors que la cour lui demande de décliner son identité, l'accusé a créé la stupeur en déclarant qu'"il n'y a pas de divinité à part Allah et que Mohammed est son messager".  

"Il est important de ne pas surréagir à chacune de ses déclarations", commente l'un de ses avocats, Me Martin Vettes, sur Franceinfo, dans une tentative d'apaisement. "Ce procès ne doit pas être transformé en un buzz permanent, on a besoin de calme et de sérénité."

"Comprendre ses réactions"

Les propos d'Abdeslam, resté mutique durant toute la durée de l'instruction, ont néanmoins heurté les parties civiles, notamment quand il s'est arrogé le droit de prendre la parole pour dédouaner trois de ses coaccusés, Mohammed Amri, Hamza Attou et Ali Oulkadi

"Ils m'ont rendu des services alors qu'ils ne savaient rien du tout. (...) Ils n'ont rien fait", a-t-il clamé après une nouvelle diatribe contre la justice française, se faisant alors couper le micro par le président.

"Il ne faut pas oublier qu'il sort de l'isolement, qu'il ne voit personne depuis six ans, qu'il est enfermé dans 6 mètres carré", a rappelé son autre conseil, Me Olivia Ronen. L'avocate appelle à "essayer de comprendre ses réactions. Se retrouver face à 550 personnes, face aux médias, peut-être que ça peut troubler", suggère-t-elle, tout en s'estimant satisfaite que son client ait pris la décision de s'exprimer, "ce qui n'était pas certain".  

"Certes, on peut interroger le contenu de ses déclarations, néanmoins elles ont le mérite d'exister. On espérait avoir ces moments où la parole jaillit", souligne Me Ronen.

Face aux juges pendant neuf mois

Et Me Vettes d'ajouter: "Nous n'allons pas essayer de rendre Salah Abdeslam populaire dans le coeur des Français, ce serait perdu d'avance, mais il est présent et il parle, et c'est ce qu'il faut retenir".

Le Franco-Marocain de 31 ans est accusé de complicité de crimes terroristes et encourt la perpétuité. Pendant neuf mois, il va faire face à la cour d'assises spéciale de Paris, aux côtés de 14 autres mis en causes. Six hommes supplémentaires sont quant à eux jugés par contumace: cinq sont présumés morts, le dernier est en fuite. 

Article original publié sur BFMTV.com

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