"Le problème n'est pas derrière nous": l'alerte de Jean-Marc Sauvé sur les crimes sexuels dans l'Église

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Jean-Marc Sauvé, le 5 octobre 2021 - BFMTV
Jean-Marc Sauvé, le 5 octobre 2021 - BFMTV

Invité ce mardi soir sur notre antenne quelques heures après avoir présenté les terribles conclusions du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église, Jean-Marc Sauvé, président de cette institution, est revenu sur ses travaux. Le document, de plusieurs milliers de pages, fait état de 216.000 personnes victimes d'attouchements, d'agressions sexuelles ou de viols des mains de prêtres ou de religieux des années 1950 à nos jours, un chiffre qui pourrait bondir à 330.000 victimes si l'on y ajoute les crimes de laïcs commis alors que ceux-ci exerçaient une activité dans un cadre ecclésial.

Cependant, à la lecture du rapport, il apparaît que des époques sont bien plus touchées que d'autres, en particulier la tranche entre 1950 et 1969, où 56% de ces abus ont eu lieu. Selon Jean-Marc Sauvé, ce pic est en réalité facilement explicable "pour deux raisons majeures et qui sont très en lien l’une avec l’autre."

"D’abord, le nombre de prêtres et de religieux: ils étaient 60.000 en 1946, ils sont moins de 10.000 aujourd’hui. La deuxième raison c’est qu’énormément d’abus se sont commis en milieu scolaire dans des internats. Or, en 1970, il y a une bascule, d’une manière générale les évêques et les ordres religieux se retirent des établissements scolaires et se retirent des établissements avec des internats. Tous les abus qui ont lieu dans les internats, qui étaient la majorité entre 1950 et 1970, aujourd’hui c’est 2 à 3%, ce n’est presque rien", explique-t-il.

"Accablement et horreur"

Cependant, si une baisse est bien notée à partir des années 1970, "on voit que ça baisse et qu’ensuite ça se stabilise", souligne Jean-Marc Sauvé. De fait, selon ce dernier, "le problème n'est pas derrière nous", alors que la majorité des abus concerne des enfants âgés entre 10 et 13 ans.

Au cours de ce même entretien, l'ancien vice-président du Conseil d'État a partagé l'horreur avec laquelle il avait recueilli les témoignages des victimes de ces violences sexuelles.

"Nous avons éprouvé un sentiment d'accablement et même d'horreur. Avant même de terminer cette enquête qui a porté sur un échantillon de 28.000 personnes, nous avons entendu des victimes, moi-même plus de 50 victimes durant plus de deux heures chacune. Chaque membre (de la commission) s’est fait son idée de ce qu’étaient les abus sexuels, de comment on en est arrivés là", conclut-il.

Article original publié sur BFMTV.com

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