Le prix Nobel de la paix 2021 attribué à Maria Ressa et Dmitri Muratov

·3 min de lecture
prix nobel de la paix (Photo: Nobel Prize)
prix nobel de la paix (Photo: Nobel Prize)

INTERNATIONAL - Le prix Nobel de la paix a été décerné à Maria Ressa et Dmitri Muratov, a annoncé le comité Nobel ce vendredi 8 octobre. Les lauréats succèdent au Programme alimentaire mondial de l’ONU, récompensé du prix Nobel de la paix 2020 pour son action en faveur “du rapprochement des peuples, de la suppression ou la réduction des armées permanentes, de la réunion et la propagation des progrès pour la paix”.

Les deux journalistes sont récompensés pour leur défense de la liberté d’expression. La première aux Philippines, le second en Russie. Le comité Nobel les a précisément honorés “pour leurs efforts en faveur de la liberté d’expression, qui est une condition préalable à la démocratie et à une paix durable”. C’est la première fois que la liberté de la presse est ainsi récompensée du prestigieux prix international.

Le prix Nobel de littérature 2021 a été attribué jeudi 7 octobre à Abdulrazak Gurnah. Mardi 5 octobre, le prix Nobel de physique 2021 a récompensé la prédiction du réchauffement climatique et des travaux sur les systèmes complexes. Le prix Nobel de médecine 2021 a récompensé lundi 4 octobre des découvertes sur les récepteurs de la température et du toucher. Tous les prix Nobel historiques ont été décernés, ne reste maintenant que le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, qui clora la saison lundi 11 octobre.

Un hommage à Anna Politkovskaïa

Maria Ressa et Dmitri Muratov “sont les représentants de tous les journalistes qui défendent cet idéal dans un monde où la démocratie et la liberté de la presse sont confrontées à des conditions de plus en plus défavorables”, a déclaré la présidente du comité Nobel, Berit Reiss-Andersen en décernant le prix lors d’une courte allocution à Oslo, en Norvège.

Maria Ressa, ici avant un proces qui lui était intenté à Manille en décembre 2020, a fondé le média <i>Rappler</i> en 2012. (Photo: Lisa Marie David via Reuters)
Maria Ressa, ici avant un proces qui lui était intenté à Manille en décembre 2020, a fondé le média Rappler en 2012. (Photo: Lisa Marie David via Reuters)

Ancienne correspondante de CNN en Asie du sud-est, Maria Ressa a fondé en 2012 le média Rappler aux Philippines où elle est née en 1963. “Elle utilise la liberté d’expression pour dénoncer les abus de pouvoir, l’usage de la violence et l’autoritarisme croissant dans son pays natal, les Philippines”, a salué le comité Nobel. Elle a été honoré par le magazine Time en 2018 pour son engagement dans la lutte contre les fake-news. “Rappler a porté une attention critique sur la campagne antidrogue controversée et meurtrière du régime du président Duterte”, pointe aussi le comité.

“Rien n’est possible sans les faits. Un monde sans faits signifie un monde sans vérité et sans confiance”, a déclaré Maria Ressa juste après avoir reçu son prix couronnant son engagement. Elle s’exprimait dans un entretien diffusé par son média d’investigation.

Fondateur du journal Novaya Gazeta, Dmitry Muratov (ici lors d'une interview en octobre 2021) se bat pour faire reconnaître l'assassinat dont sa collègue Anna Politkovskaya a été victime en 2016. (Photo: via Associated Press)
Fondateur du journal Novaya Gazeta, Dmitry Muratov (ici lors d'une interview en octobre 2021) se bat pour faire reconnaître l'assassinat dont sa collègue Anna Politkovskaya a été victime en 2016. (Photo: via Associated Press)

Quant à Dmitri Muratov, 61 ans, il est le rédacteur en chef du journal russe Novaïa Gazeta, principal média d’opposition à Vladimir Poutine, dont un porte-parole a osé salué le “courage”. “Il défend depuis des décennies la liberté d’expression en Russie dans des conditions de plus en plus difficiles. Malgré les tueries et les menaces, le rédacteur en chef Dmitri Muratov a refusé d’abandonner la politique d’indépendance du journal. Il a toujours défendu les droits des journalistes”, a salué le comité Nobel.

Il a participé en 1993 à la fondation de journal pour lequel travaillait Anna Politkovskaïa quand elle a été assassinée en 2006 en Russie. Cinq autres journalistes de la rédaction ont été tués depuis sa création. C’est d’ailleurs à ces victimes qu’il a dédié son prix. “Ce n’est pas mon mérite personnel. C’est celui de Novaïa Gazeta. C’est celui de ceux qui sont morts en défendant le droit des gens à la liberté d’expression”, a-t-il déclaré.

À voir également sur Le HuffPost: Les prix Nobel racontés en comics

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

LIRE AUSSI :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles