Privilège blanc : il n’est meilleur aveugle que celui qui ne veut pas voir

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Agrégée en philosophie, essayiste, militante laïque et féministe, Nadia Geerts nous offre désormais chaque semaine son regard depuis la Belgique. C’est "L’œil de Marianneke", la "petite Marianne" en bruxellois. Cette semaine, elle évoque cette nouvelle obession de certains antiracistes : la notion de "privilège blanc".

Un vent favorable a déposé sur mon bureau informatique une « étude » fort instructive consacrée à un thème dont j’ignorais jusqu’ici toute l’urgence : la blanchité. Intitulé « Être blanc.he : le confort de l’ignorance » et édité par Be Pax – la section belge francophone de Pax Christi -, cette publication s’est donné pour mission de répondre aux principales objections des antiracistes lorsqu’on leur parle de race et de « privilège blanc ». Une lecture édifiante, d’où il ressort en gros que quoi qu’on en dise et quoi qu’on fasse, dès lors qu’on est blanc, on est complice d’un racisme structurel qui reproduit et perpétue des violences et des schémas de domination. On est, par définition, « du mauvais côté », du côté de la blanchité, qui se définit par trois caractéristiques : la fragilité blanche, le maintien de privilèges et la solidarité blanche. Et ce « privilège » peut se résumer par ces mots de Virginie Despentes : « Je peux oublier que je suis blanche. Ça, c'est être blanche. Y penser, ou ne pas y penser, selon l'humeur. »L’usage du terme « privilège » mérite qu’on s’y arrête un instant. Il renvoie en effet à tout un imaginaire d’Ancien Régime, où...

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