"Privatisation" des radars : vers une flambée des PV ?


À partir de septembre prochain, les radars embarqués pourraient émettre beaucoup plus de contraventions qu’aujourd’hui. Une association dénonce la privatisation des radars et lance une pétition.

Selon 40 millions d’automobilistes, l’équation est simple : avec cette mesure décidée par l’État, le nombre de PV devrait passer de 1,5 million à douze millions par an !

De quoi mettre en colère l’association qui dénonce une “privatisation des radars embarqués”, et accuse l’Ètat de vouloir réaliser une “excellente opération financière” avec 2,2 milliards d’euros par an de recettes issues des amendes.

Concrètement, l’État a en effet décidé de confier le pilotage des voitures banalisées transportant des radars embarqués à des sociétés de chauffeurs privés, contre des policiers ou gendarmes aujourd’hui. L’objectif de l’État est de mieux lutter contre les excès de vitesse et de rentabiliser ces radars qui, aujourd’hui, ne roulent pas assez. “La moyenne d’utilisation d’un de ces radars est d’un peu plus d’une heure par jour (1h13, ndlr), c’est du matériel qui est sous-utilisé. Il faut beaucoup plus l’utiliser pour faire en sorte que les comportements de dépassement de vitesse soient sanctionnés”, a plaidé le ministre de l’Intérieur, Bruno le Roux, qui a lancé un appel d’offres.

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Les sociétés privées “ne seront pas rémunérées au nombre d’infractions mais au temps que le radar aura passé sur la route”, précise-t-il.

Cette mesure s’inscrit dans une stratégie pour tenter d’enrayer la hausse de la mortalité routière enregistrée depuis 2014. En 2016, 3 469 personnes sont mortes sur les routes, pour la troisième année consécutive, une première depuis 1972.

Mais du côté des usagers de la route, la riposte s’organise. L’association 40 millions d’automobilistes a lancé une pétition qui a déjà recueilli plus de 300 000 signatures et appelle les conducteurs et conductrices à lui faire parvenir leurs photos, qui seront ensuite diffusées pour une “manifestation numérique”.